Municipales : le RN isolé malgré sa main tendue à la droite, les Républicains refusent toute alliance
Municipales : le RN isolé, la droite refuse ses alliances

Le Rassemblement national en quête d'alliances, mais la droite résiste

Dès le soir du premier tour des élections municipales, Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a ouvert la porte à de nouvelles alliances « partout où le contexte local le permet ». Cette initiative visait à « tendre la main aux listes de droite sincères, aux listes indépendantes et à tous ceux qui refusent à la fois le désordre de l'extrême gauche et la dilution dans le macronisme ».

Une progression réelle mais insuffisante

Le RN enregistre une indéniable poussée au premier tour, avec dix maires sortants réélus, quatorze communes conquises et un total de 1 280 conseillers municipaux, déjà supérieur au score décevant de 2020. Ces chiffres devraient encore augmenter le 22 mars, puisque la formation d'extrême droite est en position de se maintenir dans plus de 260 localités.

Des espoirs de victoire subsistent dans le Sud, notamment à Tarascon, Carpentras, Cavaillon ou Bagnols-sur-Cèze. Cependant, seule une prise majeure acterait un véritable succès. Or, dans les rares grandes villes à sa portée, le RN n'est pas parvenu à briser son isolement.

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Le refus catégorique des Républicains

Peine perdue : personne ou presque n'a saisi cette main tendue du côté des Républicains (LR). « On ne veut pas la fusion avec le RN. Ils veulent notre mort. Ce sont eux qui nous désignent comme leurs principaux ennemis », explique un dirigeant LR, justifiant le choix « très assumé » de Bruno Retailleau.

Othman Nasrou, secrétaire général de LR, a précisé sur Sud Radio : « Nulle part nous n'avons besoin d'une alliance avec le RN pour battre La France insoumise. C'est même l'inverse, c'est nous aujourd'hui qui sommes le rempart. »

Des sanctions pour les franchissements

Geoffroy Didier, vice-président de LR, a mis en garde sur franceinfo : « Nous ne sommes pas extrémistes » et il y aura « bien sûr » des sanctions pour ceux qui franchiraient le Rubicon. Un exemple concret s'est produit à Reims, où le candidat divers droite Stéphane Lang a fusionné avec la tête de liste RN Anne-Sophie Frigout. Une procédure d'exclusion a été immédiatement enclenchée contre lui par LR.

Le RN déplore « la lâcheté de la droite »

Jean-Philippe Tanguy, bras droit de Marine Le Pen, s'est désolé sur BFMTV et RMC de « la lâcheté de la droite qui ne veut pas accepter la main tendue ». Il a jugé « dommage » que des alliances « pour faire barrage à la gauche » n'aient pas vu le jour à Clermont-Ferrand, Limoges, Saint-Étienne ou Amiens.

Pendant ce temps, La France insoumise multiplie les fusions de listes à gauche, contrastant avec l'isolement du RN. Les concurrents de droite lui barrent systématiquement la route par tous les moyens : maintien à Marseille, retrait à Toulon, fusion à Nîmes. Preuve que les digues ne sont pas encore rompues, et que l'aversion reste plus forte que l'attraction.

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