Municipales 2026 à Bagnols-sur-Cèze : la bataille finale se joue sur le marché
À trois jours seulement du scrutin décisif du second tour des élections municipales de Bagnols-sur-Cèze, l'atmosphère du marché hebdomadaire du mercredi a pris une tournure particulièrement politique. Pascale Bordes, Jean-Yves Chapelet et Jérôme Jackel, les trois candidats encore en lice, ont investi les allées animées pour tenter d'élargir leur base électorale et convaincre les abstentionnistes de se mobiliser.
Une abstention record qui préoccupe les candidats
Le premier tour, organisé dimanche 15 mars, a enregistré un taux d'abstention préoccupant de 44,9%. Ce chiffre, qui signifie que près d'un électeur sur deux n'a pas exercé son droit de vote, hante désormais les esprits des candidats et de leurs équipes. Dans ce contexte tendu, le marché traditionnel est devenu un terrain de conquête électorale essentiel.
Pascale Bordes, dont la liste Sécurité et vitalité (RN) est arrivée en tête au premier tour avec 44,26% des voix, a multiplié les échanges avec les habitants. « Si vous ne votez pas, vous avez définitivement perdu le droit de vous plaindre », a-t-elle martelé, rappelant le caractère précieux du droit de vote. L'avocate honoraire et députée de la troisième circonscription du Gard a insisté sur le devoir démocratique face aux nombreuses préoccupations exprimées par les Bagnolais.
Des stratégies de campagne contrastées
À quelques mètres de là, Jérôme Jackel et ses colistiers de Bagnols-sur-Cèze en commun, arrivés troisièmes avec 15,93% des suffrages, distribuaient activement des tracts. Le candidat s'est montré optimiste quant à la mobilisation pour le second tour : « Je pense que 15% d'électeurs supplémentaires vont venir voter. On est dans une situation inédite ». Il a également souligné la proximité des résultats avec le maire sortant, seulement 163 voix les séparant.
De son côté, Jean-Yves Chapelet, le maire sortant, a adopté une approche plus apaisée. Présent sur le marché avec son colistier Jean-Christian Rey, président de l'Agglomération, il a évité tout discours alarmiste tout en appelant à « un sursaut de participation ». « Il ne faut pas dramatiser. De la tension, il y en a partout », a-t-il glissé, tout en se déclarant confiant pour le scrutin à venir.
Les habitants partagés entre préoccupations et espoirs
Sur le marché, l'ambiance habituellement chaleureuse et insouciante était traversée par des discussions politiques animées. Entre les étals de légumes et de fromages, les habitants échangeaient leurs points de vue sur l'abstention et l'avenir de leur commune. « Avec tout ce qu'il se passe, comment peut-on refuser d'aller voter ? », s'interrogeait un retraité, tandis qu'une voisine ajoutait : « Il ne faut pas se plaindre que rien ne change si on n'essaie pas de faire avancer les choses. »
Jean-Christian Rey, présent aux côtés du maire sortant, a résumé l'enjeu avec une formule percutante : « Le choix, il est simple. Soit la compétence, soit rien. Vous savez ce que vous avez mais pas ce que vous aurez ». Une mise en garde directe aux électeurs indécis qui pourrait influencer le résultat final.
La campagne se poursuit au porte-à-porte
Après cette matinée de tractage et d'échanges sur le marché, Jérôme Jackel a annoncé poursuivre sa campagne par du porte-à-porte pour convaincre les derniers indécis. Cette stratégie de proximité témoigne de l'intensité de la bataille électorale dans cette commune du Gard où chaque voix comptera dimanche.
Les résultats du premier tour ont placé Pascale Bordes en position favorable avec 3 109 suffrages sur les 7 195 votants, mais dans un contexte de forte abstention, rien n'est encore joué. Les trois candidats savent que la mobilisation des électeurs qui se sont abstenus au premier tour pourrait être décisive pour l'issue du scrutin.



