Marmande : les candidats aux municipales face à la question fiscale
À l'approche du scrutin municipal, le journal Sud Ouest a interrogé les principaux candidats de Marmande sur leurs projets pour la commune. Martine Calzavara, Jean-Luc Dubourg, Joël Hocquelet, André Belacel et Valérie Pérali ont exposé leurs visions, avec un focus particulier sur la fiscalité locale, un enjeu crucial dans cette Cité de la tomate où la taxe sur le foncier bâti atteint 64,98%, l'une des plus élevées du département du Lot-et-Garonne.
Les propositions des candidats pour la taxe foncière
La question du financement des projets municipaux et de la pression fiscale sur les habitants est au cœur des débats. Chaque candidat apporte une réponse distincte, reflétant des orientations politiques variées.
Martine Calzavara, candidate de Clairement Marmande (divers droite), estime que le niveau actuel des impôts locaux est confiscatoire. Elle s'engage à baisser automatiquement la part communale de la taxe foncière de 0,5 point chaque année, soit une réduction minimale de 3 points à la fin du mandat. Cette baisse est surtout une manière de répondre aux attentes des administrés, explique l'infirmière libérale, tout en reconnaissant que cela représente environ 200 000 euros de manque à gagner annuel à compenser par des économies ou de nouvelles recettes. Elle propose de devenir un chasseur de primes sur chaque appel à projet pour réduire les coûts d'investissement.
André Belacel, tête de liste d'Un nouveau cap pour Marmande (Rassemblement national et UDR), refuse de toucher aux impôts tout en maintenant un budget stable. Sa priorité est le recrutement d'une dizaine de policiers municipaux et la création d'une brigade de nuit, pour un coût estimé à 600 000 euros, étalé sur deux à trois ans. Pour financer cette hausse de la masse salariale, il prévoit des économies en examinant tous les postes de dépenses service par service, sans renoncer à des investissements comme une maison de santé, qu'il envisage d'installer dans des locaux désaffectés.
Jean-Luc Dubourg, chef de file de Rassemblons-nous pour Marmande (divers droite, classé à l'extrême droite), déclare : Je n'augmenterai pas la part communale des impôts fonciers, ils sont trop chers depuis trop longtemps. S'il le peut, il souhaite les baisser, malgré les difficultés anticipées. Il critique des embauches passées qu'il juge inutiles ou redondantes, et annonce qu'aucun recrutement de personnel n'aura lieu, excepté pour les policiers municipaux, nécessitant environ 350 000 euros par an. Il compte optimiser les chantiers pour minimiser les frais d'entretien.
Joël Hocquelet, maire sortant et candidat de Pour Marmande ! (divers gauche), s'engage à ne pas augmenter les impôts, avec la volonté de les réduire pour renforcer l'attractivité de la ville. Il estime que maintenir les taux revient à une baisse dans le contexte actuel. Pour financer un choc fiscal de 5 points (soit 1,5 million d'euros), il propose de transférer des charges comme le conservatoire ou la Cité de la formation vers Val de Garonne Agglomération, ou que l'intercommunalité prélève une taxe foncière supplémentaire de 2%.
Valérie Pérali, candidate de Marmande Avenir (divers droite), veut empêcher toute augmentation de la taxe foncière en compensant les hausses étatiques par le taux communal, de l'équivalent de l'inflation. Elle souligne l'importance d'envoyer un message positif aux propriétaires et investisseurs. Pour financer cette mesure, elle suggère un inventaire du patrimoine municipal pour identifier des biens à vendre, et insiste sur une gestion rigoureuse des dépenses publiques.
Enjeux et perspectives pour Marmande
Les candidats s'accordent sur l'impact de la fiscalité sur l'attractivité de Marmande, notamment pour les promoteurs immobiliers, investisseurs et commerçants. Les propositions varient entre baisses directes, stabilité et recherche de recettes alternatives, reflétant des priorités différentes en matière de sécurité, services publics et investissements. Le débat fiscal reste central dans cette campagne municipale, avec des implications concrètes pour les habitants et le développement économique de la commune.



