Municipales à Marmande : un premier tour marqué par la percée du RN et l'appel à l'union des droites
Le premier tour des élections municipales à Marmande a livré des résultats sans équivoque ce dimanche 15 mars. Le maire socialiste sortant, Joël Hocquelet, caracole largement en tête avec un score impressionnant de 36,77% des suffrages exprimés. Seul candidat de gauche dans cette consultation, il devance de douze points la liste du Rassemblement national, qui réalise une performance notable avec 25,56% des voix.
Un scrutin municipal sous le signe de l'abstention et des recompositions politiques
Ce scrutin local a été marqué par une abstention particulièrement élevée, dépassant les 45% des inscrits. Sur les cinq listes initialement en lice, dont trois se réclamaient de la droite, quatre sont désormais en capacité de se maintenir pour le second tour. La campagne a connu des rebondissements, notamment du côté du Rassemblement national avec le départ mouvementé de Jean-Luc Dubourg, remplacé en cours de route par l'ancien policier André Belacel.
Malgré ces turbulences, la liste RN a su s'imposer comme la principale force d'opposition, créant ainsi une configuration inédite pour cette ville du Lot-et-Garonne. Les trois autres listes de droite ont obtenu des scores variables : celle de Valérie Pérali atteint 17,71%, tandis que Martine Calzavara recueille 12,10%. Jean-Luc Dubourg, l'ancien tête de liste du RN parti en dissidence avec le soutien de l'ex-maire Daniel Benquet, ne dépasse pas le premier tour avec seulement 7,86% des voix.
Les réactions des candidats et l'appel controversé à l'union des droites
Dès l'annonce des résultats, Joël Hocquelet s'est félicité de ce score qui valide selon lui « à la fois le bilan, mais aussi un programme construit avec de vraies propositions ». Le maire sortant a tracé une ligne claire pour le second tour : « Le choix au deuxième tour est pour nous très simple. Celui entre un programme construit sur des valeurs humanistes et républicaines [...] L'autre choix, c'est un programme écrit ailleurs, sans éléments concrets, qui propose des dépenses et moins de recettes. C'est un programme qui se résume en deux lettres, RN. »
Du côté du Rassemblement national, André Belacel a salué « un très bon résultat » obtenu « dans des conditions difficiles ». Le candidat RN a immédiatement lancé un appel à l'union des droites derrière sa liste, arguant que les quatre formations de droite totalisent plus de 63% des suffrages. « Si on se maintient tous, on sait ce qu'il va se passer : Monsieur Hocquelet aura un tapis rouge devant lui. J'attends des autres listes que l'on se mette autour d'une table pour faire vraiment l'union des droites », a-t-il déclaré.
Les autres candidats maintiennent leurs listes et rejettent l'appel du RN
Cet appel à la convergence des droites semble cependant avoir peu de chances d'aboutir. Martine Calzavara, après avoir consulté ses colistiers, a confirmé le maintien de sa liste « Clairement Marmande » en affirmant : « Nous nous maintenons pour faire barrage au RN. Je l'ai toujours dit et je ne suis pas une girouette. » De son côté, Valérie Pérali a également annoncé qu'elle maintenait sa candidature après avoir sondé son équipe.
Plus surprenant, Jean-Luc Dubourg, l'ancien tête de liste du RN évincé en cours de campagne, n'a pas donné de consigne de vote mais a apporté son soutien au maire sortant Joël Hocquelet, qu'il considère comme « le plus compétent ». Cette prise de position illustre les fractures au sein de la droite marmandaise et complique considérablement les calculs électoraux pour le second tour.
Le paysage politique local se trouve ainsi profondément recomposé, avec un maire socialiste solidement installé en tête mais confronté à une droite divisée entre plusieurs listes et un Rassemblement national qui cherche à s'imposer comme la principale force d'opposition. Le second tour s'annonce donc particulièrement indécis, avec quatre listes en lice et des reports de voix qui pourraient déterminer l'issue du scrutin.



