Un vote à l'Assemblée nationale a accentué les divisions entre les différents modèles agricoles. Le projet de loi d'urgence agricole, adopté mardi en première lecture par les députés, favorise l'agro-industrie au détriment de la majorité des paysans, a dénoncé la Confédération paysanne, soutenue par Greenpeace et Générations futures.
Un texte « déconnecté des urgences réelles »
Le troisième syndicat agricole, marqué à gauche, s'est dit « scandalisé » de voir une majorité de députés « privilégier les lobbies de l'industrialisation de l'agriculture au détriment de l'intérêt de la majorité » des paysans et des citoyens, selon un communiqué. Ce texte est « déconnecté des urgences réelles du monde agricole, qui fait face aux aléas climatiques, aux crises sanitaires et aux conséquences délétères du libre-échange et de la compétitivité à tout prix », a-t-il ajouté.
Julien Rivoire, chargé de campagne agriculture chez Greenpeace, a estimé que le texte « assèche la démocratie de l'eau, acte l'accaparement de ce bien commun par les modèles agricoles les plus intensifs et risque d'aggraver les conflits d'usage ». Il a également souligné que le document « accélère encore l'industrialisation de l'élevage, au détriment du climat, de la biodiversité, des paysans et paysannes et de l'intérêt général ».
L'ONG Générations futures a regretté que ce texte « a échoué comme tous ses prédécesseurs, en particulier la loi d'orientation agricole et la loi Duplomb, à apporter les changements structurels nécessaires afin de répondre à l'urgence démographique, sociale, environnementale et sanitaire de notre agriculture ». Elle a dénoncé des propositions « à contre-courant de la construction d'un modèle agricole protecteur pour ses agriculteurs, résilient et respectueux de la santé et de la biodiversité ».
Un vote marqué par le soutien du RN
Le texte a été adopté par 369 voix contre 178. Le Rassemblement national a apporté son soutien au gouvernement, tandis que la gauche a unanimement voté contre. Ce projet de loi fait suite à la colère des agriculteurs de l'hiver dernier et vise à apporter des réponses concrètes sur des sujets tels que l'accès à l'eau, la lutte contre la concurrence déloyale et la prédation du loup.



