Marine Le Pen, figure de proue du Rassemblement national, a été condamnée le 7 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Paris dans une affaire de détournement de fonds publics. La peine prononcée inclut une inéligibilité avec sursis, ce qui laisse la porte ouverte à une candidature à l'élection présidentielle de 2027.
Les faits reprochés
L'affaire concerne l'emploi présumé fictif d'assistants parlementaires européens entre 2009 et 2017. Selon l'accusation, des fonds alloués par le Parlement européen auraient servi à rémunérer des collaborateurs qui travaillaient en réalité pour le parti. Le préjudice total est estimé à environ 7 millions d'euros.
Marine Le Pen a toujours nié les faits, affirmant que les emplois étaient réels et conformes aux règles. « Je n'ai jamais détourné un seul euro de l'argent public », a-t-elle déclaré après le verdict.
La décision du tribunal
Le tribunal a reconnu Marine Le Pen coupable de détournement de fonds publics et de complicité. Il l'a condamnée à trois ans de prison avec sursis, 100 000 euros d'amende, et une peine d'inéligibilité de deux ans assortie d'un sursis simple. Cette dernière disposition signifie qu'elle n'est pas immédiatement privée de ses droits électoraux, sauf en cas de nouvelle condamnation.
Cette décision contraste avec les réquisitions du parquet, qui avait demandé une inéligibilité immédiate de cinq ans. « Nous avons pris en compte la gravité des faits mais aussi la situation personnelle de la prévenue », a précisé la présidente du tribunal.
Réactions politiques
La condamnation a suscité des réactions contrastées. Le Rassemblement national a dénoncé un « acharnement judiciaire » et annoncé son intention de faire appel. « Cette décision est une tentative de museler l'opposition », a estimé un porte-parole du parti.
À gauche, plusieurs responsables ont salué la décision tout en regrettant qu'elle n'empêche pas une candidature. « La justice a parlé, mais il est regrettable que Marine Le Pen puisse encore se présenter », a commenté un député insoumis.
Conséquences pour la présidentielle
L'inéligibilité avec sursis permet à Marine Le Pen de briguer la présidence en 2027, à moins que l'appel ne modifie la peine. Si la condamnation devenait définitive après appel, elle pourrait être déclarée inéligible. En attendant, elle reste candidate potentielle, ce qui pourrait redessiner le paysage politique.
Selon un sondage réalisé après l'annonce, 78 % des électeurs du Rassemblement national estiment qu'il s'agit d'une « injustice politique », tandis que 62 % des Français jugent la décision « juste ». La candidate devra désormais jongler entre la procédure d'appel et sa campagne électorale.



