« Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager »
Le maire LFI de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), Bally Bagayoko, a fermement rejeté jeudi 18 juin toute accusation d’« incitation » à siffler « La Marseillaise » dans les stades, après des propos qui ont suscité une vive polémique. Dans un communiqué publié sur X, l’édile a rappelé : « Expliquer un phénomène n’a jamais signifié l’encourager. Chercher à comprendre pourquoi, dans certaines circonstances exceptionnelles, La Marseillaise est sifflée relève de l’analyse et de la réflexion, pas de l’incitation. »
Des propos polémiques sur « le droit à la réplique populaire »
L’élu avait déclaré mardi 16 juin au journal l’Opinion que « siffler la Marseillaise quand la France se déshonore par ses actes à l’international, c’est un droit à la réplique populaire ». Il avait ajouté : « Parce que les enfants de celles et ceux qui sont ici dans les grands stades, ils sont citoyens d’ici mais aussi de là-bas. »
Face aux critiques, Bally Bagayoko a tenu à préciser sa pensée : « Il faut rappeler une évidence : parmi celles et ceux qui sifflent parfois La Marseillaise, il y a aussi des Français à part entière. Des citoyens qui votent, travaillent, paient leurs impôts, participent à la vie de la Nation et restent profondément attachés aux valeurs de la République. » Il a mis en garde contre le risque de « réduire ces personnes à des ennemis de la France » ou de « laisser entendre qu’elles ne seraient pas pleinement Françaises », ce qui constituerait « une erreur et une injustice ».
Indignations à droite et à l’extrême droite
Les déclarations du maire ont provoqué de vives réactions dans la classe politique, notamment à droite et à l’extrême droite. Le secrétaire général du parti LR, Othman Nasrou, a estimé qu’« après les appels à l’insurrection, la haine de la police et l’antisémitisme, LFI franchit une nouvelle étape : la haine de la France est désormais pleinement assumée ». De son côté, Jordan Bardella a écrit sur X : « Le peuple français, lui, aime et chante son hymne : il ne le siffle pas. À quels peuples exactement le maire LFI de Saint-Denis s’adresse-t-il par cynisme électoral ? »
Bally Bagayoko, figure montante de LFI
Élu maire de Saint-Denis en mars dernier, Bally Bagayoko s’est imposé comme l’une des figures de La France Insoumise. Il avait déjà fait polémique en décrochant le portrait d’Emmanuel Macron de la mairie, en violation de la loi de 2023. L’élu d’origine malienne a également été victime d’attaques racistes sur CNews et sur les réseaux sociaux, ce qui l’a conduit à déposer plainte. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ».



