Emmanuel Macron a présidé ce dimanche la première journée nationale de lutte contre l'antisémitisme, en rendant un hommage solennel à Alfred Dreyfus, dont la condamnation pour trahison à la fin du XIXe siècle reste un symbole de l'injustice et de la haine antisémite en France. Le chef de l'État s'est exprimé depuis la place de la République à Paris, devant une foule rassemblée pour dénoncer la montée des actes antisémites.
Un hommage à Dreyfus pour marquer la journée
Macron a déposé une gerbe devant la statue de la République, où un portrait du capitaine Dreyfus était exposé. Il a souligné que "l'affaire Dreyfus est un rappel que l'antisémitisme est un poison qui ronge la République". Selon l'Élysée, cette journée vise à sensibiliser le public et à renforcer la lutte contre l'antisémitisme, qui a connu une hausse de 74% des actes recensés en 2025 par rapport à l'année précédente.
Un contexte de résurgence de l'antisémitisme
Le gouvernement a annoncé des mesures supplémentaires, dont le doublement des effectifs de la police dans les écoles juives et la création d'un observatoire national des violences antisémites. "Nous ne céderons rien face à la haine", a déclaré le Premier ministre Gabriel Attal, présent à la cérémonie. La journée nationale, fixée au 12 juillet, date de la réhabilitation de Dreyfus en 1906, sera désormais un rendez-vous annuel.
Réactions et critiques
L'hommage a été salué par les représentants de la communauté juive, mais critiqué par certains partis d'opposition qui jugent les mesures insuffisantes. "Les paroles ne suffisent plus, il faut des actes concrets", a réagi la présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, dans un communiqué. De son côté, l'Union des étudiants juifs de France a appelé à "une politique éducative plus ambitieuse" pour lutter contre les préjugés.
Un symbole fort pour la République
Alfred Dreyfus, officier juif accusé à tort d'espionnage au profit de l'Allemagne, a été réhabilité après douze ans de combat judiciaire et politique. Son affaire a divisé la France et a donné naissance à un mouvement intellectuel et citoyen pour la justice. Macron a rappelé que "la vérité et la justice triomphent toujours" et que "la France ne peut être elle-même sans combattre l'antisémitisme".



