Lyon : la victoire en demi-teinte de Grégory Doucet face à une métropole basculée à droite
Lyon : Doucet élu mais la métropole passe à droite

Lyon : une victoire municipale écologiste assombrie par la défaite métropolitaine

Les célébrations résonnaient dimanche soir dans le quartier général de Jean-Michel Aulas. « Au revoir Bernard ! » scandaient les militants du Grand Cœur Lyonnais, saluant la défaite de Bruno Bernard, président sortant de la métropole. Si leur candidat à la mairie de Lyon a été battu par Grégory Doucet, ils ont remporté une victoire décisive : le basculement à droite de la métropole de Lyon.

Un basculement politique majeur

La liste menée par Véronique Sarselli, maire LR de Sainte-Foy-lès-Lyon, a décroché dix circonscriptions sur quatorze, obtenant la majorité absolue avec 92 sièges sur 150. Une défaite cinglante pour Bruno Bernard, figure de l'union de la gauche et des écologistes, qui n'a obtenu que 49 sièges. « La mairie en déco, le pouvoir à la métro », résumaient avec satisfaction les partisans de Jean-Michel Aulas.

Ce basculement est d'autant plus significatif que la métropole de Lyon concentre des compétences clés depuis 2015 : transports en commun, gestion de l'eau et des déchets, action sociale. Avec ses 58 communes, 1,4 million d'habitants et un budget annuel de 4 milliards d'euros, elle pèse lourd dans la politique locale. « Le pouvoir, pour l'essentiel, est à la métropole », confirme le politologue Paul Bacot.

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Une réélection en demi-teinte pour Grégory Doucet

La réélection de Grégory Doucet prend ainsi une dimension particulière. L'écologiste, qui était donné perdant dans les sondages avec jusqu'à 20 points d'écart, a finalement renversé la tendance. « Ce n'est pas une victoire en demi-teinte », insiste son entourage, rappelant que « son programme a été reconnu et choisi par les Lyonnais ».

Mais en interne, on concède « une petite déception » liée aux résultats métropolitains. Pour le politologue Romain Meltz, le constat est plus sévère : « C'est une victoire à la Pyrrhus. Grégory Doucet a gagné aux yeux du pays, oui, mais à un prix considérable. »

Des projets municipaux fragilisés

La nouvelle configuration annonce une cohabitation délicate. « C'est une collectivité exceptionnelle qui ne sera plus à gauche pour les six prochaines années », reconnaît l'entourage du maire. Derrière les projets municipaux portés par Grégory Doucet se cachent souvent des financements métropolitains.

La bibliothèque promise pendant la campagne, estimée à 140 millions d'euros, pourrait en faire les frais. « Une partie du financement devait très probablement venir de la métropole, la culture étant une compétence partagée », avance Romain Meltz. Même incertitude pour l'aménagement de la rive droite du Rhône ou certaines politiques de mobilité. « Il va certainement y avoir des blocages sur plusieurs projets à Lyon », anticipe Paul Bacot.

Les priorités de la nouvelle majorité métropolitaine

De son côté, la nouvelle majorité ne cache pas ses priorités. Au lendemain du scrutin, Véronique Sarselli annonçait déjà la « réouverture de la rue Grenette aux voitures » et la nécessité de « concerter les commerçants » sur la zone à trafic limité. « Aujourd'hui, trop de contraintes pèsent sur les habitants - circulation, stationnement, dysfonctionnements des transports. Il faut y mettre fin », affirme-t-elle.

Dans le camp écologiste, on redoute l'abandon du projet de tramway TEOL ou le blocage de l'encadrement des loyers. « Il y aura nécessairement la mise en place des projets avancés par Grand Cœur Lyonnais, pour marquer une rupture avec l'équipe précédente », estime Paul Bacot.

Une relation qui se juridicise

Pour Grégory Doucet, l'enjeu est désormais « double » : mettre en œuvre son programme municipal tout en défendant son projet face à une métropole dirigée par ses opposants. « On passe d'une logique d'arrangements entre alliés politiques à une relation beaucoup plus juridique », explique Romain Meltz. « Tout va se jouer dans l'interprétation des textes, voire à travers des recours administratifs. »

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Le maire de Lyon pourra compter sur les élus métropolitains de la gauche et des écologistes, même si cette opposition reste fragmentée. Véronique Sarselli promet quant à elle de « travailler avec l'ensemble des communes et des maires, avec méthode et pragmatisme » tout en assurant que « sa détermination est totale pour faire avancer la métropole ».

Les élus métropolitains doivent se réunir jeudi pour désigner leur présidente. Battu à la mairie, Jean-Michel Aulas devrait jouer un rôle central à la métropole, la maire de Sainte-Foy-lès-Lyon lui ayant proposé d'être son « premier vice-président ». « C'est à cette échelle que se décidera l'avenir de Lyon et des 57 communes qui composent notre territoire », a-t-il affirmé.