La proposition de loi visant à réduire les contaminations au cadmium dans l'alimentation devrait être examinée par l'Assemblée nationale la première semaine de juin. Ce mercredi 13 mai, le député écologiste de Charente-Maritime Benoît Biteau et Andy Battentier, de l'association Générations futures, ont évoqué leur double combat actuel contre les pesticides. Profitant de la médiatisation et de l'inquiétude croissante dans la plaine d'Aunis et l'agglomération rochelaise, l'élu vert a rappelé qu'un cadre législatif est très attendu. Certaines écoles de Charente-Maritime voisines de surfaces agricoles figurent parmi les 5 % les plus exposées aux pesticides en France, selon un collectif de chercheurs. Ce n'est pas un hasard si le 54e colloque du Groupe français de recherche sur les pesticides se tient à La Rochelle fin mai.
Benoît Biteau s'est réjoui que la proposition de loi visant à réduire les risques sanitaires liés aux contaminations au cadmium dans l'alimentation soit inscrite à l'ordre du jour de l'Hémicycle lors de la semaine d'examen transpartisane du 1er juin. « Je continue le combat avec cette loi pour avancer vers la réglementation que réclament aussi les agences sanitaires », insiste l'élu écologiste.
Le spectre de l'Omnibus 10
L'avancée hexagonale espérée par le député se heurte au projet de loi européen Omnibus 10. La Commission européenne vise à simplifier et accélérer drastiquement l'approbation des pesticides et produits biocides pour pallier les retards d'évaluation chroniques et le manque de ressources des États membres et de l'Efsa (Autorité européenne de sécurité des aliments). Pour décongestionner le système, le texte propose de supprimer l'obligation de renouvellement périodique systématique au profit de réévaluations ciblées, déclenchées uniquement en cas de justifications scientifiques. Selon la Commission, l'abandon des réexamens systématiques dégagerait des moyens administratifs et permettrait aux entreprises de réaliser plus de 71 millions d'euros d'économies annuelles, tout en finalisant l'évaluation des molécules existantes.
Sous couvert de simplification administrative, ce projet, selon les écologistes, ouvrirait la voie au maintien sur le marché de molécules extrêmement nocives que Benoît Biteau qualifie de « musée des petites horreurs ». « Aujourd'hui, les pesticides sont réévalués tous les dix à quinze ans, cette proposition envisage des autorisations illimitées. Or, sans ces révisions périodiques, des substances comme le chlorpyriphos (neurotoxique) ou le mancozèbe (perturbateur endocrinien) n'auraient jamais été interdites », insiste Benoît Biteau. Pour Générations futures, l'augmentation des moyens humains de l'Efsa serait plus efficace que la déréglementation proposée par l'Union européenne. Pour contrer cette offensive dérégulatrice, le groupe écologiste a déposé une proposition de résolution européenne (PPRE) afin de forcer la France à porter une voix dissidente au Conseil de l'Union européenne. Le bras de fer ne fait que commencer.



