Un scrutin municipal invalidé par une omission sur les bulletins de vote
Dans le petit village d'Ars-en-Saintonge, niché en Charente à la frontière de la Charente-Maritime, les élections municipales du dimanche 15 mars 2026 ont pris une tournure inattendue. La liste arrivée en tête, « Bien vivre à Ars » menée par Guy Bonnet, a vu l'ensemble de ses bulletins déclarés nuls par la préfecture. La raison ? Une absence de mention obligatoire concernant la nationalité de deux candidats néerlandais sur les documents de vote.
Le détail réglementaire qui change tout
Le code électoral français est précis sur ce point : l'article LO247-1 stipule clairement que les citoyens de l'Union européenne ont bien le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales, mais leur nationalité doit impérativement figurer sur les bulletins de vote, sous peine de nullité. Or, Guy Bonnet, conseiller municipal sortant et chef de file de la liste, a omis d'indiquer la mention « néerlandais » à côté des noms d'Ariëlla Vroom et Franciscus Beelen, deux de ses quinze candidats.
« Je ne l'avais pas en tête en m'adressant à l'imprimeur », reconnaît aujourd'hui Guy Bonnet, qualifiant cet oubli d'« étourderie » aux conséquences considérables. Le village compte 686 habitants, et 577 électeurs étaient inscrits sur les listes électorales pour ce scrutin qui opposait deux listes.
Un dépouillement interrompu et des résultats bouleversés
Le dépouillement a été interrompu à 18h25, dès que l'irrégularité a été signalée par un membre de la liste adverse. Gontran Bosteaux, candidat en onzième position sur la liste Bonnet, se souvient : « Le président du bureau de vote a appelé la préfecture, qui a répondu de considérer nos bulletins frappés de nullité et de procéder à la fin du dépouillement. Nous ne comprenions pas. »
Les chiffres officiels donnent 183 voix pour la liste Bonnet contre 170 pour celle de Stéphane Deborde, avec 206 abstentions et 18 votes blancs ou nuls. Mais après l'invalidation des bulletins de la liste majoritaire, les résultats proclamés affichent un renversement complet : la liste plébiscitée par 183 citoyens se retrouve avec zéro voix, tandis que l'autre liste, choisie par 170 personnes, obtient 100% des suffrages exprimés.
Un village en attente de réponse démocratique
« Le village ne comprend pas. Ceux qui nous ont fait confiance nous interrogent. Tous les habitants ont besoin d'une réponse claire et démocratique », témoigne Guy Bonnet, qui a formulé un recours. De son côté, Stéphane Deborde, dont la liste se retrouve déclarée gagnante par défaut, dit « réfléchir à une mesure de bon sens » et devoir consulter son équipe avant de s'exprimer plus avant.
La situation rappelle celle de Saint-Hilaire-de-Villefranche, à 32 kilomètres, où le même problème s'est présenté le même dimanche. Dans cette commune, les élus ont choisi la voie du dialogue et de la concorde, envisageant de démissionner en bloc pour provoquer de nouvelles élections. À Ars-en-Saintonge, les échanges semblent plus difficiles, et l'issue reste incertaine.
L'équipe Bonnet conteste par ailleurs les chiffres officiels, affirmant avoir compté 193 bulletins en sa faveur et non 183. Cette divergence ajoute encore à la confusion qui règne dans ce petit village charentais, où un simple oubli typographique a suffi à bouleverser le résultat d'une élection municipale.



