Marine Le Pen, candidate du Rassemblement National (RN) à la présidentielle, a été contrainte de renoncer à sa stratégie de normalisation politique. Face à la montée des tensions et à la radicalisation de son électorat, elle n'a d'autre choix que de singer Donald Trump, adoptant un discours populiste et anti-système.
Un virage stratégique imposé par les circonstances
Selon des sources proches du parti, la décision de Marine Le Pen de changer de cap résulte d'une analyse des dernières enquêtes d'opinion. Un sondage Ifop réalisé en juin 2025 indique que 62 % des sympathisants RN estiment que le parti doit durcir son ton sur les questions d'identité nationale et de souveraineté. Cette pression interne a poussé la candidate à abandonner son image modérée construite depuis 2017.
« Marine Le Pen réalise que la normalisation ne suffit plus à mobiliser sa base, explique Jean-Yves Camus, politologue spécialiste de l'extrême droite. Elle doit donc adopter un style plus clivant, à l'image de Trump, pour maintenir sa position dominante dans le camp nationaliste. »
Un discours calqué sur le modèle trumpiste
Lors de son dernier meeting à Perpignan le 8 juillet 2025, Marine Le Pen a employé des termes rarement utilisés auparavant, dénonçant « l'État profond » et promettant de « drainer le marigot » si elle était élue. Ces expressions, directement inspirées du vocabulaire de Donald Trump, marquent un tournant dans sa communication.
Elle a également attaqué les médias, les qualifiant de « propagande du système », et a appelé ses partisans à « ne pas croire ce que disent les sondages truqués ». Ces déclarations rappellent les attaques de l'ancien président américain contre les institutions.
Les conséquences pour le paysage politique français
Ce virage radical pourrait avoir des répercussions importantes. D'une part, il risque d'effrayer une partie de l'électorat modéré qui avait commencé à se rapprocher du RN. D'autre part, il renforce la polarisation politique, déjà forte en France. Selon un analyste politique, « en adoptant le style Trump, Le Pen prend le risque de diaboliser à nouveau son parti, mais elle espère ainsi capter les voix des déçus du système, un réservoir électoral important ».
Le RN se trouve désormais à un carrefour : soit il poursuit cette voie radicale, soit il tente de revenir à une stratégie de normalisation après l'élection. Quoi qu'il en soit, la campagne présidentielle de 2027 s'annonce comme la plus clivante depuis des décennies.



