Le Haillan : Éric Poulliat succède à Andréa Kiss après une victoire sur la circulation
Le Haillan : Éric Poulliat succède à Andréa Kiss

Changement de majorité au Haillan après une décennie

La maire sortante du Haillan, Andréa Kiss, en poste depuis 2014, a été battue lors du second tour des élections municipales, dimanche 22 mars. Son adversaire, Éric Poulliat, a remporté le scrutin avec 49,4% des voix, soit 2 662 suffrages. L'installation officielle du nouveau conseil municipal est prévue samedi 28 mars à 10 heures à l'espace de la Sablière.

Une victoire célébrée et analysée

Éric Poulliat et son équipe ont fêté leur succès dans un restaurant du centre-ville. « Moi jusqu'à minuit. D'autres sont restés beaucoup plus tard », confie le futur maire, visiblement satisfait. Il souligne que sa liste a progressé de dix points entre les deux tours, bénéficiant d'un report de voix au détriment de Xavier Camps, qui a perdu la moitié de son électorat.

« Il y avait une volonté franche et massive de changement. Un Haillanais sur deux a voté pour nous », observe Éric Poulliat. « On a su proposer un projet équilibré, mesuré et réaliste, répondant aux besoins de la commune. Le tout avec une équipe compétente et citoyenne. »

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Les priorités : circulation et indépendance

Parmi les premiers dossiers de la nouvelle majorité, la circulation figure en tête. Éric Poulliat annonce vouloir mettre en place un moratoire sur la ZAC Cœur de ville et revoir le plan de circulation, qualifié d'« infernal ». Il prévoit de repasser à double sens les rues Georges-Clemenceau et Victor-Hugo, ainsi que l'avenue de la République, après des travaux d'aménagement.

Élu sur un positionnement « citoyen » et « indépendant des partis », il assure ne pas vouloir « se jeter dans les bras » du premier groupe communautaire venu à Bordeaux Métropole. « Je serai un petit nouveau, concède-t-il. Il faut mesurer les rapports de force, parler avec tout le monde, notamment Thomas Cazenave qui vient d'être élu à Bordeaux. Sachant que je défendrai d'abord les intérêts des Haillanais. » Il précise également qu'il ne reprendra pas son ancienne étiquette macroniste, affirmant : « Quand je pars, je ne reviens jamais. »

L'opposition lucide d'Andréa Kiss

Andréa Kiss reconnaît que le plan de circulation a pesé dans sa défaite. « C'est clairement un irritant. Le projet que nous avons proposé n'était pas celui que les Haillanais voulaient », déplore-t-elle. « Dans ce pays, les gens deviennent hystériques dès qu'on touche à la bagnole. Ils sont capables de balayer tout ce qui a été fait en matière d'éducation, de culture, d'aménagement de la ville… C'est triste. »

L'élue de gauche, qui siégera dans un groupe d'opposition de six personnes, promet de ne « rien lâcher ». « L'exigence sera notre maître mot. En politique, il faut toujours penser au coup d'après. » À bientôt 60 ans, elle admet ne plus incarner l'avenir et souhaite que « des jeunes prennent la place ». Déçue mais pas abattue, elle envisage de « rebondir » en demandant sa réintégration dans l'Éducation nationale comme professeure d'économie-gestion.

Andréa Kiss exprime aussi ses craintes pour ses colistiers et les agents municipaux : « Je suis surtout triste et inquiète pour eux. J'espère qu'ils ne seront pas trop malmenés par la nouvelle équipe. Qu'il n'y aura pas de chasse aux sorcières. »

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