Un changement historique à la mairie d'Agen
Dans un scrutin serré qui marque un tournant pour la vie politique locale, Laurent Bruneau, l'avocat agenais et chef de file de l'opposition, a été élu maire d'Agen avec 39,05% des suffrages exprimés. Il devance ainsi Jean Dionis du Séjour (34,33%) et Sébastien Delbosq (26,62%), mettant fin à un règne de dix-huit ans à la tête de la ville.
La fin d'une ère et le début d'une nouvelle
À 48 ans, Laurent Bruneau rompt le long bail municipal de son prédécesseur et devient le nouveau patron de la ville. Dès son arrivée à sa permanence, le vainqueur a lancé : « Nous serons le Conseil municipal de toutes les Agenaises et tous les Agenais », promettant une gouvernance inclusive.
Les résultats montrent une nette progression entre les deux tours, avec 4 058 bulletins en sa faveur au second tour, soit une augmentation de 700 voix. Sa liste est arrivée en tête dans 18 bureaux de vote sur 23, démontrant une implantation territoriale solide.
Une victoire collective pour la gauche
« On est allé au bout d'un travail de plus de deux ans. Alors il y a de la joie, de la fierté. La victoire de la gauche à Agen, c'est historique », a déclaré Laurent Bruneau dans son discours de victoire. Il a souligné l'importance d'une démocratie participative et remercié le collectif qui a porté son programme avec détermination.
Le nouveau maire a ajouté : « Cette victoire nous donne le droit, mais aussi le devoir, de mettre en œuvre nos idées. Et il va falloir qu'ensemble nous relevions tous les défis », faisant référence aux nombreux enjeux identifiés durant la campagne, notamment en matière de sécurité, santé et attractivité économique.
Une campagne de terrain décisive
Gérard Daulhac, directeur de campagne, explique cette victoire par un travail de terrain intensif : « Nous avions une dynamique au premier tour et nous l'avons amplifiée. Cette semaine, nous avons vu tous les quartiers. Les gens avaient besoin d'un autre discours, d'une autre méthode ».
La stratégie a consisté à convaincre les électeurs que la candidature de Laurent Bruneau était réaliste et juste, répondant à une aspiration au changement après trois mandats de l'ancien maire.
Les réactions et les défis à venir
Sur la place Castex, l'atmosphère était à la célébration. Une habitante témoigne : « C'est un vrai bonheur de voir un nouveau visage. Le futur maire a beaucoup d'empathie et il respecte tout le monde. Lui, c'est un humaniste ».
Jon Garay, figure de la gauche agenaise, présent pour la passation de pouvoir prévue samedi prochain, n'a pas retenu son émotion devant ce résultat historique. À 72 ans, ce militant voit dans cette élection une validation des valeurs qu'il défend depuis des décennies.
Laurent Bruneau hérite maintenant d'une lourde responsabilité : répondre aux espoirs qu'il a suscités tout en relevant les défis structurels d'une ville dont les faiblesses ont été pointées par toutes les listes durant la campagne. Son premier mandat s'annonce comme un test crucial pour la gauche locale et pour l'avenir d'Agen.



