Cogolin tourne la page Lansade avec l'élection d'Isabelle Farnet-Risso
La commune de Cogolin, dans le Var, entre dans une nouvelle ère politique. Isabelle Farnet-Risso a été élue maire avec 53,78% des suffrages lors du second tour des municipales 2026, mettant ainsi un terme à treize années de gestion sous la houlette de Marc-Etienne Lansade, ancien membre du Rassemblement National. Cette victoire marque une rupture nette avec les deux derniers mandats, souvent décrits comme clivants et marqués par une gestion municipale hasardeuse, malgré un apaisement observé en fin de mandature.
Une campagne polarisée et un entre-deux-tours électrique
L'entre-deux-tours de ce scrutin municipal s'est révélé particulièrement tendu et politisé. La campagne a pris une tournure électrique après le retrait du candidat du Rassemblement National, qui a appelé à voter pour la liste « Un cap pour Cogolin » de Pierre-Yves Tierce. Cette dernière a alors intégré trois membres de l'équipe RN, créant une fusion des forces de droite et d'extrême droite. Cette décision a cristallisé les spéculations et fait hésiter de nombreux électeurs cogolinois.
Le candidat battu, Pierre-Yves Tierce, bénéficiait pourtant d'une belle cote de popularité due à son profil neuf. Interrogé sur d'éventuels regrets, il a affirmé : « Pas du tout. Sincèrement, je ne pense pas que ce soit cela qui ait joué. » Pourtant, l'écart entre les deux listes principales a gonflé, passant de 211 voix au premier tour à 338 voix au second tour, signe que l'appel massif à voter pour la liste Tierce n'a pas fonctionné comme escompté.
La stratégie du RN et l'effondrement de l'extrême droite
Contrairement à de nombreuses situations lors de ce second tour des municipales où le RN se retrouvait en position de force, à Cogolin, le parti, arrivé troisième avec 18,76% des voix, a choisi de ne pas se maintenir. Il a préféré apporter son soutien au candidat identifié de l'Union de la Droite, espérant ainsi installer trois élus locaux et donner de l'épaisseur à son travail de fond.
Cette stratégie n'a pas porté ses fruits. Si, au premier tour, le total des quatre listes d'extrême droite atteignait 33,45% des suffrages, l'image de ce parti s'est largement érodée après deux mandatures clivantes incarnées par l'ancien maire, Marc-Etienne Lansade. La disparition de ces listes du second tour a radicalement modifié la dynamique électorale.
Les défis de la nouvelle maire et les réactions politiques
Isabelle Farnet-Risso, coach sportive de profession, prendra officiellement ses fonctions vendredi 27 mars. Dès l'annonce des résultats, elle a été submergée de messages et a déclaré : « Je veux répondre à tout le monde. » Son équipe a programmé une première réunion de travail dès le lundi soir, montrant que le cours du mandat est déjà en marche.
Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Mireille Escarrat, cheffe de file de l'opposition pendant le mandat précédent, s'est réjouie : « J'ai un sentiment d'achèvement de tout un cycle, après six années de résistance, et même douze ans pour se débarrasser de l'extrême-droite. » La maire sortante, Christiane Lardat, a quant à elle soufflé : « C'est la gauche qui revient en courant. » Elle a assuré avoir préparé la passation en demandant à ses adjoints et chefs de service de rédiger un compte rendu des dossiers en cours.
Une participation en baisse et un contexte local complexe
Les chiffres de la participation révèlent un certain désintérêt des électeurs. Alors qu'en 2014, la participation s'élevait à 71,38% avec 5 385 votants, elle n'a atteint que 4 651 votants ce dimanche, soit une baisse significative. Cette abstention relative interroge sur le climat politique local.
L'ancien maire, Marc-Etienne Lansade, n'est pas resté silencieux. Qualifiant les orientations d'Isabelle Farnet-Risso de « retour en arrière pour la commune », il avait encensé « la vision dynamique » de la liste Tierce. Des observateurs politiques ont interprété ce soutien tardif comme un « baiser de la mort », d'autant plus qu'une semaine plus tôt, il traitait encore Tierce de « poisson-pilote de Ste-Maxime ».
L'installation du nouveau conseil municipal est prévue vendredi 27 mars à 18h30 au Maurin des Maures. Isabelle Farnet-Risso devra rapidement faire face à de nombreux défis, dans une commune qui aspire visiblement au calme et à une gestion apaisée après des années de divisions politiques.



