Pessac 2026 : La guerre des chiffres sur la dette municipale s'intensifie
Guerre des chiffres sur la dette à Pessac avant les municipales

La polémique budgétaire s'envenime à Pessac à l'approche des municipales 2026

La campagne des élections municipales de 2026 à Pessac est déjà le théâtre d'une intense bataille chiffrée concernant la santé financière de la commune. Les échanges se cristallisent autour de la question sensible de l'endettement, opposant le maire sortant et candidat Franck Raynal à l'ancienne ministre et députée Bérangère Couillard.

Un excédent record face à une dette en forte hausse

Franck Raynal, dans ses communications régulières, ne cesse de vanter les résultats financiers de sa mandature. Lors de ses vœux en janvier, il a notamment souligné avoir dégagé « le plus grand excédent que la Ville n'ait jamais connu », soit 10,5 millions d'euros sur un budget de fonctionnement d'environ 80 millions.

Dans le camp adverse, Bérangère Couillard adopte un ton bien plus critique. Présente lors des vœux, elle avait lancé un commentaire sarcastique sur la progression de la dette. Elle a ensuite enfoncé le clou en février via une vidéo publiée sur Instagram, pointant du doigt « des investissements massifs pour des projets extrêmement coûteux et discutables ».

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Elle cite en exemple la piscine Cazalet, « financée par un emprunt de 16 millions d'euros ». Selon elle, cet emprunt colossal propulse désormais Pessac « sur le podium des villes les plus endettées de la Métropole », avec une dette cumulée dépassant les 40 millions d'euros, contre seulement 10 millions en 2023.

Le poids réel de la dette et son évolution

Les dernières données budgétaires disponibles, présentées lors du conseil municipal du 11 février 2025, confirment une augmentation rapide de l'endettement. Le Débat d'Orientations Budgétaires (DOB) 2025 indique que « l'encours de dette à fin 2026 devrait être inférieur à 41 millions d'euros ».

Pour évaluer la soutenabilité de cette dette, les experts scrutent particulièrement le ratio de désendettement. Cet indicateur clé, qui mesure le nombre d'années théoriques nécessaires pour rembourser la dette en utilisant toute l'épargne brute, avait un seuil d'alerte généralement fixé à douze ans.

À Pessac, la situation a notablement évolué. Alors que ce ratio n'était que d'une petite année en 2023, les importants investissements réalisés, notamment pour la piscine Cazalet et l'école Georges-Leygues, l'ont fait grimper à environ 4,5 ans pour 2025 et 2026.

Les projections budgétaires anticipent même un dépassement léger de la barre des six ans en 2028, avant une redescente progressive les années suivantes. Cette trajectoire place Pessac dans une position intermédiaire au sein de la Métropole bordelaise.

Une comparaison métropolitaine révélatrice

La situation financière des communes voisines présente en effet un panorama contrasté, reflétant des choix d'investissement et des besoins différents :

  • Bordeaux affiche un ratio de désendettement de 10,5 ans en 2026, avec une projection à 11,7 ans en 2028.
  • Bègles présente un ratio de sept ans pour 2026.
  • Villenave-d'Ornon affichait un ratio de seulement 2,4 ans en 2025.
  • Talence, avec un ratio de 3,9 ans en 2024, prévoyait une hausse des investissements pouvant faire dépasser le seuil des dix ans dès 2027.

Le calendrier budgétaire exceptionnel, perturbé par l'échéance électorale de mars 2026, ajoute une complexité supplémentaire. Le DOB n'ayant pas eu lieu en 2026, il devra être organisé après les élections, suivi d'une séance dédiée au vote du budget primitif.

Cette guerre des chiffres, qui oppose visions politiques et interprétations des données financières, promet de rythmer la campagne pessacaise jusqu'au scrutin de 2026, faisant de la gestion de la dette un enjeu électoral majeur.

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