La proposition de nomination de François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits a suscité une vive réaction à gauche, mais celle-ci semble résignée face à un choix qu'elle juge contestable. Le sénateur Les Républicains, connu pour ses positions conservatrices, a été proposé par le président de la République pour succéder à Claire Hédon. La gauche, bien que révoltée, n'a pas les moyens de bloquer cette nomination, faute de majorité suffisante au Parlement.
Une nomination controversée
François-Noël Buffet, sénateur du Rhône et ancien président de la commission des lois du Sénat, est critiqué pour son opposition à plusieurs droits fondamentaux, notamment le mariage pour tous et l'extension de la PMA. Les associations de défense des droits, comme la Ligue des droits de l'homme (LDH), ont exprimé leur inquiétude. Selon un communiqué de la LDH, "cette nomination est un signal inquiétant pour la protection des libertés publiques".
La gauche, représentée notamment par les députés insoumis et socialistes, a dénoncé un "choix politique" qui mettrait en péril l'indépendance de l'institution. Le député LFI Antoine Léaument a déclaré : "Nommer un opposant au mariage pour tous à la tête du Défenseur des droits, c'est une provocation."
Un processus de validation parlementaire
La nomination doit être approuvée par les commissions des lois de l'Assemblée nationale et du Sénat, réunies en vote à bulletin secret. La gauche dispose de seulement 142 voix sur 577 à l'Assemblée, insuffisantes pour s'opposer. Au Sénat, la majorité de droite est encore plus nette. Malgré une possible abstention ou un vote négatif de la gauche, la nomination devrait être confirmée.
Le gouvernement justifie ce choix par l'expérience juridique de Buffet. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a affirmé : "François-Noël Buffet a toutes les compétences pour exercer cette fonction." Cependant, des voix s'élèvent pour rappeler que le Défenseur des droits doit être une personnalité indépendante et consensuelle.
Une résignation forcée
La gauche semble coincée : elle ne peut empêcher la nomination, mais doit marquer son opposition. "Nous voterons contre, mais nous savons que cela ne changera rien", a confié un député socialiste sous couvert d'anonymat. Certains appellent à une mobilisation citoyenne, mais sans grand espoir.
Le mandat du Défenseur des droits est de six ans, non renouvelable. Si Buffet est confirmé, il prendra ses fonctions en septembre 2025. La gauche craint un recul sur des dossiers sensibles comme les droits des migrants, la protection de l'enfance ou la lutte contre les discriminations.
"Nous devons rester vigilants et continuer à défendre les droits de tous", a conclu la députée écologiste Sandrine Rousseau. Mais pour l'heure, la gauche semble impuissante face à ce qu'elle considère comme une "droitisation" de l'institution.



