La ministre déléguée chargée de la Santé, Stéphanie Rist, a annoncé jeudi 20 août que le gouvernement renonce, dans l'immédiat, au doublement des plafonds des franchises médicales. Cette mesure, qui devait entrer en vigueur au 1er janvier 2027, est suspendue.
Un revirement sur les plafonds des franchises médicales
Interrogée sur Franceinfo, Stéphanie Rist a déclaré : « On a décidé de ne pas augmenter les plafonds des franchises médicales. » Elle a précisé que cette décision fait suite aux « inquiétudes » exprimées par les Français et les professionnels de santé. Le gouvernement avait initialement prévu de doubler les plafonds annuels, les faisant passer de 50 à 100 euros pour les médicaments et de 50 à 100 euros pour les actes paramédicaux.
Les franchises médicales sont des sommes restant à la charge des patients après le remboursement de l'Assurance maladie. Actuellement, le plafond est fixé à 50 euros par an pour les médicaments et à 50 euros pour les actes paramédicaux. Le doublement aurait donc porté ces plafonds à 100 euros chacun.
Les raisons du renoncement
Stéphanie Rist a expliqué que le gouvernement a entendu les « craintes » des citoyens et des acteurs du secteur de la santé. « Nous avons pris en compte les préoccupations légitimes des Français, notamment ceux qui sont malades chroniques et qui consomment beaucoup de soins », a-t-elle souligné. La ministre a également mentionné que le contexte économique actuel, marqué par l'inflation, a pesé dans la décision.
Cette annonce intervient alors que le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2027 doit être présenté à l'automne. Le gouvernement avait inscrit cette mesure dans le cadre de ses efforts pour réduire le déficit de la Sécurité sociale, estimé à 11,5 milliards d'euros en 2026. Le doublement des plafonds devait rapporter environ 400 millions d'euros par an.
Impact et réactions
Le renoncement au doublement des plafonds des franchises médicales a été salué par les associations de patients et les syndicats de professionnels de santé. Ils avaient dénoncé une mesure « injuste » qui pénalisait les plus fragiles, notamment les personnes atteintes de maladies chroniques. « C'est une victoire pour les malades », a réagi le président de l'association France Assos Santé.
Le gouvernement devra trouver d'autres sources d'économies pour combler le déficit de la Sécurité sociale. Stéphanie Rist a indiqué que des discussions sont en cours avec les partenaires sociaux pour « trouver des solutions équilibrées ». Elle a également évoqué la possibilité de « renforcer la lutte contre la fraude sociale » et de « mieux maîtriser les dépenses de médicaments ».
En attendant, les plafonds des franchises médicales restent inchangés : 50 euros par an pour les médicaments et 50 euros pour les actes paramédicaux. Le gouvernement n'exclut pas de revenir sur cette mesure à l'avenir, mais Stéphanie Rist a assuré que « ce n'est pas à l'ordre du jour ».



