Municipales 2026 à Millau : une alerte financière de 2019 crée la discorde
Les élections municipales de 2026 à Millau s'annoncent déjà sous le signe de vives tensions financières. Lors d'un débat organisé par Midi Libre et le Journal de Millau, Emmanuelle Gazel a dévoilé une lettre datée du 13 juin 2019 de la direction des finances publiques (DGFip), mettant en lumière la mauvaise santé économique de la ville pour l'année 2018. Cette révélation a immédiatement creusé un fossé irréconciliable avec son adversaire, Christophe Saint-Pierre, sur l'interprétation des comptes publics.
Une lettre qui sonne l'alarme
Le courrier, cosigné par la préfète et le directeur départemental des finances publiques de l'Aveyron, décrit sans ambages "une situation financière très préoccupante". Il souligne un endettement "à un niveau très important et durable", exhortant les dirigeants de l'époque à "la plus grande vigilance". Les annexes fournies par la DGFip appuient cette analyse avec des chiffres édifiants : le coefficient d'autofinancement courant (CAC) est passé de 0,96 en 2016 à 0,99 en 2018, frôlant le seuil critique fixé à 1.
Le document note que "la commune demeure à un seuil critique", avec un endettement par habitant s'élevant à 1 748 euros en 2018, bien au-dessus de la moyenne de la strate à 1 019 euros. Les conséquences sont claires : sans report de projets, la capacité d'investissement de Millau serait limitée pour les trois ou quatre années suivantes.
Deux visions diamétralement opposées
Face à ces révélations, Christophe Saint-Pierre, ancien maire, a tenté de minimiser la portée de cette lettre. Sur scène au théâtre de la Maison du Peuple, il s'est appuyé sur un écrit similaire de 2021 et sur le rapport de la Cour régionale des comptes. Contacté après le débat, il a déclaré : "En toute bonne foi, je n'ai pas souvenir de ce qu'elle a présenté. C'est tout simplement un dispositif de prévention pour alerter les collectivités sur de potentielles difficultés."
Cette position contraste fortement avec celle d'Emmanuelle Gazel, qui insiste sur la gravité de l'alerte lancée dès 2019, bien avant la pandémie de Covid-19 souvent invoquée par son adversaire pour justifier la dégradation des comptes. Les échanges techniques entre les deux candidats ont mis en lumière leurs interprétations divergentes, sans aucune convergence en vue.
Un débat qui préfigure une campagne animée
Le sujet des finances publiques promet d'être un point de friction majeur dans la campagne des municipales 2026 à Millau. Alors que Christophe Saint-Pierre considère la lettre de 2019 comme un simple outil préventif, Emmanuelle Gazel y voit la preuve d'une gestion hasardeuse. Cette divergence fondamentale illustre les clivages profonds qui séparent les candidats, chacun campant sur sa version des faits.
Les électeurs devront ainsi trancher entre deux récits : l'un minimisant les alertes financières, l'autre les brandissant comme un signal d'alarme incontournable. Une chose est sûre : la question des finances de Millau restera au cœur des débats jusqu'au scrutin de 2026.



