Un courrier du Conseil économique, social et environnemental (CESE) a provoqué un tollé dans les rangs de la droite. Le CESE et le ministère des Relations avec le Parlement avaient prévu d'organiser le 15 juillet prochain, quelques heures après le vote définitif sur la proposition de loi relative à l'aide à mourir à l'Assemblée nationale, un événement réunissant les rapporteurs des propositions de loi et les membres de la convention citoyenne sur la fin de vie. Cette convention citoyenne avait élaboré en 2023 soixante-cinq propositions visant notamment à respecter la volonté du patient.
Un « cocktail de célébration » qui fait scandale
Sur le carton d'invitation, le CESE évoquait « un cocktail de célébration » dans « le cadre de l'adoption de la loi relative à l'aide à mourir ». Ces termes ont suscité la colère de plusieurs députés Les Républicains (LR), opposés au texte. Bruno Retailleau, le patron des Républicains, s'est offusqué : « “Mourir dans la dignité” : mais où est la dignité quand on fête au champagne une loi qui touche à la souffrance et à la mort des plus fragiles ? On n'est pas à un match de foot ! » Le médecin et député Philippe Juvin a estimé que « la gravité du sujet et l'inquiétude qu'il soulève exigent de la retenue », ajoutant sur X : « On ne “célèbre” pas un texte qui touche à la mort. » Il a appelé à l'annulation de la soirée.
Le ministre tente de calmer le jeu puis annonce un report
Face à ces critiques, Laurent Panifous, ministre chargé des Relations avec le Parlement, a d'abord tenté de temporiser. Il a assuré qu'il n'avait « jamais été question » d'un « cocktail » ou de « célébration », affirmant avoir « trop de respect pour le travail parlementaire, pour les différentes sensibilités sur un texte qui interroge nos convictions les plus profondes pour organiser un cocktail ou une célébration ». Dans l'entourage du ministre, on évoquait une formulation « maladroite » de la part du CESE et on décrivait l'événement comme « un temps d'échange après le vote ».
Finalement, ce jeudi 9 juillet, Laurent Panifous a annoncé sur X que l'événement était reporté « afin de lever toute ambiguïté ». Le vote final de la proposition de loi sur la fin de vie est toujours prévu le 15 juillet à l'Assemblée nationale.
Le parcours parlementaire se poursuit dans la controverse
Le Sénat, dominé par la droite, a refusé une troisième et dernière fois le droit à l'aide à mourir. Le dernier mot reviendra donc à l'Assemblée nationale, majoritairement acquise au texte. Cependant, la bataille pourrait se poursuivre : le président du Sénat, Gérard Larcher, a annoncé son intention de saisir le Conseil constitutionnel si le gouvernement ne renonçait pas au vote prévu le 15 juillet.



