Le 17 juin, les candidats à l'épreuve de spécialité Humanités, littérature et philosophie (HLP) du baccalauréat ont découvert un sujet qui a provoqué une onde de choc. Un extrait de l'Introduction à la philosophie de l'histoire de Raymond Aron, portant sur la sincérité absolue, a été jugé particulièrement ardu par des milliers d'élèves.
Un texte jugé inaccessible
La phrase en question : « Ne pourrait-on pas dire que la sincérité absolue serait, à la limite, la coïncidence incessamment renouvelée de l’être avec lui-même, le respect absolu des impressions naïves ? » Sa complexité a suscité une vague d'indignation sur les réseaux sociaux, où de nombreux élèves ont exprimé leur incompréhension et leur frustration.
Selon plusieurs témoignages, le niveau de difficulté était perçu comme disproportionné par rapport aux attendus de l'épreuve. Certains candidats ont même affirmé n'avoir pas pu traiter le sujet correctement, ce qui a conduit à un sentiment d'injustice.
Des pétitions en ligne réclament une révision des copies
Face à cette situation, plusieurs pétitions ont été lancées en ligne, demandant une « remise à niveau des copies ou une procédure de rééquilibrage des notes ». L'une d'elles, mise en ligne sur la plateforme Change.org, a recueilli plus de 10 000 signatures en quelques jours. Les signataires estiment que le sujet était trop éloigné des programmes et des exercices préparés en classe.
« Nous avons travaillé toute l'année sur des textes abordables, et on nous tombe dessus avec un extrait de Raymond Aron qui n'a même pas été mentionné une seule fois pendant l'année », déplore une élève de terminale interrogée par nos confrères de France Info.
Des précédents dans l'histoire du bac
Ce n'est pas la première fois qu'un sujet de bac suscite la controverse. En 2021, une épreuve de mathématiques avait été jugée trop difficile, entraînant un rééquilibrage des notes par le ministère. En 2019, un sujet de philosophie sur la conscience avait également provoqué des débats. Cependant, le cas de la spécialité HLP est particulier car il s'agit d'une épreuve récente, introduite avec la réforme du bac en 2021.
Le ministère de l'Éducation nationale n'a pas encore réagi officiellement à ces pétitions. Interrogé par Le Monde, un porte-parole a indiqué que « les sujets sont élaborés par des commissions d'experts et validés par l'inspection générale. Ils respectent les programmes officiels. »
Un impact sur les notes et les poursuites d'études
Pour les élèves concernés, l'enjeu est crucial : la note de spécialité compte pour 16% de la note finale du bac et peut influencer les admissions dans l'enseignement supérieur. Une note jugée trop basse à cause d'un sujet mal calibré pourrait compromettre leurs projets d'études.
« J'ai besoin d'une bonne note pour intégrer une prépa littéraire, et là je me retrouve avec un sujet que je n'ai pas réussi à traiter. C'est une injustice », confie un lycéen parisien. Les pétitions demandent ainsi une révision des copies avec un barème adapté, voire une annulation de l'épreuve pour les candidats concernés.
Des réactions contrastées chez les enseignants
Si les élèves sont majoritairement critiques, certains professeurs de philosophie défendent le sujet. « Raymond Aron est un auteur classique, et l'extrait est tout à fait dans l'esprit du programme HLP, qui vise à développer l'esprit critique et l'analyse de textes complexes », explique un enseignant de lycée à Lyon. D'autres, en revanche, estiment que le niveau était trop élevé pour des élèves de terminale.
Le débat est loin d'être clos. En attendant une éventuelle décision du ministère, les candidats attendent leurs résultats avec appréhension.



