L'ancien sénateur-maire sort de son silence et critique vertement l'actuelle municipalité
À quelques jours seulement du scrutin municipal du dimanche 15 mars, Alain Fauconnier, ancien sénateur et maire de Saint-Affrique, a décidé de rompre des années de discrétion pour s'exprimer publiquement. Avec cinquante années d'expérience politique dans cette ville aveyronnaise, dont vingt-cinq passées dans l'opposition et vingt-cinq aux affaires en tant que maire ou premier adjoint, il estime que son regard peut éclairer utilement le choix des électeurs saint-affricains.
Une stratégie du mensonge dénoncée
Le maire honoraire s'en prend frontalement à Sébastien David et à sa gestion. "Tous les maires de droite ou de gauche que j'ai connus jusqu'en 2020 ne se sont jamais comportés comme cela", affirme-t-il avec véhémence. Il dénonce particulièrement ce qu'il qualifie de "stratégie du mensonge", pointant la promesse électorale non tenue d'une baisse de 10% des indemnités des adjoints. "C'est de la démagogie complète et je dis mensonge", insiste-t-il, révélant que la différence entre 2020 et 2025 n'est que de 1 175,41 euros, soit moins de 0,95%.
Il ajoute un détail accablant : "Au passage, en catimini, Sébastien David et quelques adjoints se sont offert une mutuelle complémentaire sur le dos du budget communal. Ce que nous n'avions jamais fait".
Des affaires qui entachent la municipalité
Alain Fauconnier évoque ensuite plusieurs dossiers sensibles qui, selon lui, illustrent le manque de déontologie de l'équipe en place. Concernant l'Espace Borel, il prédit que "la cour régionale des comptes sera amenée à juger très sévèrement l'amateurisme du maire et ses complaisances".
L'affaire du domaine de Baldassé, avec la construction de vingt-cinq habitations légères sans permis, est également dans sa ligne de mire. S'il se dit favorable au projet et à sa régularisation, il critique l'attentisme de la municipalité : "Il ne fallait pas attendre cinq ans pour engager une procédure". Il rappelle que la justice administrative a condamné la collectivité en janvier 2026 pour "délibération ayant eu pour but de satisfaire un intérêt privé entachée d'un détournement de pouvoir".
Le cloître et des méthodes contestables
Le dossier du cloître, qui a défrayé la chronique, n'est pas épargné. L'ancien édile estime qu'une simple abstention du maire et de son adjoint à l'urbanisme lors du vote aurait suffi à lever les suspicions légitimes. "Le maire a fait un autre choix, stupide, pour masquer des proximités qui n'échappent à aucun Saint-Affricain", assène-t-il.
"Stop à la Trumpisation de la ville"
La critique la plus cinglante concerne ce qu'Alain Fauconnier appelle la "Trumpisation" de Saint-Affrique. "On apprend que la mairie a vendu un terrain et le conseil municipal n'est pas au courant. Moi, j'appelle ça la Trumpisation de la ville", explique-t-il. Il dénonce des méthodes où l'on "s'assoit sur les règles, sur les lois et on fait faire des affaires", au détriment de l'intérêt général.
Il conclut par un appel clair : "Il faut absolument refermer cette parenthèse David. Clément Carles est tout à fait apte à remettre de l'ordre, de la déontologie et de la morale dans les pratiques", offrant ainsi son soutien implicite à l'un des candidats en lice pour les prochaines élections municipales.



