Pour tenter de se défendre face à la vague de critiques, Emmanuel Moulin, possible futur gouverneur de la Banque de France, se présente comme un homme « indépendant et libre » lors de son audition au Sénat. Proposé pour devenir gouverneur de la Banque de France, il a affirmé mercredi lors de son audition au Sénat se présenter en « homme libre » et « s’engager à exercer ses fonctions en toute indépendance », alors que sa candidature est critiquée du fait de sa proximité avec le chef de l’État.
« Je me tiens donc devant vous en homme libre, en homme du service public qui sert l’État depuis 30 ans et qui s’engage à exercer ses fonctions en toute indépendance, en toute impartialité, tant à l’égard du pouvoir exécutif que des intérêts privés », a déclaré Emmanuel Moulin lors de son audition devant la commission des finances du Sénat.
Un vote crucial des Républicains
Ex-secrétaire général de l’Élysée, Emmanuel Moulin est entendu mercredi matin par le Sénat puis l’Assemblée nationale, qui auront le dernier mot sur sa nomination. Elle pourrait être rejetée si trois cinquièmes des suffrages exprimés au sein des deux commissions sont défavorables. Le suspense est encore entier, dépendant largement du vote des LR, les socialistes ayant annoncé mardi leur intention de voter contre.
« La diversité de mon parcours et la variété des missions que j’ai remplies me dotent d’une expérience précieuse pour exercer les fonctions de gouverneur de la Banque de France », a soutenu Emmanuel Moulin devant les sénateurs. « Compétent et déterminé, je n’en suis pas moins ouvert et attentif aux avis divergents. J’entends les interrogations qui peuvent naître », a-t-il ajouté.
Un serviteur de l’État de longue date
« Je suis un homme du service public depuis toujours et avant toute chose », a-t-il martelé. « Jamais je n’ai abdiqué ni mes convictions, ni ma liberté de penser, ni mon indépendance. J’ai exercé mes fonctions sous différents gouvernements avec pour constante boussole l’intérêt général », a-t-il poursuivi. « Jamais je n’ai agi avec sectarisme ou esprit partisan ».
« Pour veiller à ce que ma candidature ne puisse jamais être entachée d’un quelconque soupçon de conflit d’intérêts, j’ai sollicité la fin de mes fonctions de secrétaire général de la présidence de la République pour me présenter devant votre commission », a-t-il encore dit. Emmanuel Moulin a quitté début mai ses fonctions à l’Élysée et a été proposé dans la foulée au poste de gouverneur par le président de la République. Ce choix a suscité de nouvelles critiques de placement de proches d’Emmanuel Macron aux postes-clés, après les nominations de Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel et d’Amélie de Montchalin à la tête de la Cour des comptes.



