Dordogne : la droite et le centre renforcés après les municipales, un équilibre politique redessiné
Dordogne : la droite et le centre renforcés après les municipales

Un scrutin qui redistribue les cartes politiques en Dordogne

Les élections municipales de mars dernier en Dordogne semblent avoir accordé un léger avantage aux conseillers municipaux de la droite et du centre. Trompe-l’œil ou réalité tangible ? La question se pose à l’approche des prochains rendez-vous électoraux. À première vue, le département pratique un certain recyclage politique : 209 nouveaux maires ont été élus pour 503 communes, avec des basculements de la gauche vers la droite et inversement.

Un équilibre des forces proche de 2020, mais différemment réparti

Le bilan global montre un équilibre des forces relativement similaire à celui de 2020, mais avec une répartition territoriale distincte. Officiellement, aucun maire LFI ou RN n’émerge, du moins en apparence. Florence Joubert, déléguée départementale du Rassemblement national, nuance cependant : « Le score du RN est honorable. Nous avons des élus à Bergerac, et nous travaillons notre implantation à Sarlat. Les choses progressent discrètement : une dizaine de maires de petites localités sont encartés chez nous. »

Les grandes villes : des basculements significatifs

Les changements les plus marquants concernent les principales agglomérations. Bergerac bascule à gauche avec l’élection de Fabien Ruet (PS), tandis que Périgueux vire à droite avec Michel Cadet (Horizons). Sarlat penche également à droite, alors que Boulazac reste à gauche. Au final, la droite cumule 176 sièges, soit 10 de plus que la gauche, parmi les 342 communes dotées d’une nuance politique préfectorale.

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Clément Tonon, référent Horizons de la Dordogne, se félicite : « Ce résultat valide la stratégie que nous avons toujours défendue : l’union de la droite et du centre. Pour un jeune parti comme le nôtre, prendre la préfecture, c’est un beau résultat. »

Les nuances cachées et les cas particuliers

Sandrine Dubos, secrétaire fédérale du PS 24, offre une lecture différente : « Il y a les nuances officielles, mais ce serait une erreur de s’en tenir à ces “divers”. Nous sommes en léger recul sur le papier, alors que la gauche reste majoritaire : de nombreux maires sans étiquette sont à gauche. » Elle cite par exemple Christelle Druillole à Agonac et Clément Bijou à Val-de-Louyre-et-Caudeau.

Parmi les figures de la gauche, Fanny Castaignede est réélue à Boulazac, où le communisme perdure solidement. Jacques Auzou, président de l’Agglo de Périgueux, et Nicolas Platon, édile socialiste de Ribérac, font figure d’exceptions parmi les 20 communes les plus peuplées, étant les seuls réélus à gauche malgré un contexte de renouvellement.

Les succès retentissants de la droite

Le succès le plus notable de la droite est sans conteste Périgueux, où Michel Cadet (Horizons) a profité de l’absence du RN et d’Antoine Audi au second tour. Le basculement est encore plus net à Sarlat, où Basile Fanier succède à Peretti, devançant la liste de gauche de Fabienne Lagoubie. Ailleurs, Pierre Marceteau (LR) s’empare de Montpon, Alain Andrieux-Cassant (sans étiquette) déloge le socialiste Michel Beylot à Bassillac, et Nontron passe du centre à la droite avec Jean-Michel Gourdeau.

Consolidations et surprises

À Terrasson, l’équipe sortante de Jean Bousquet renforce l’ancrage à droite, tandis que Prigonrieux confirme sa tendance. Les centristes réalisent un coup d’éclat à Trélissac, mettant fin à près d’un demi-siècle de communisme avec l’élection d’Éric Fallous. Les reconductions des maires centristes de Sanilhac et Coulounieix-Chamiers alourdissent encore le bilan.

La gauche parvient néanmoins à quelques coups de force, comme à Val-de-Louyre-et-Caudeau où un socialiste remplace une figure locale de la droite. Le Parti communiste français affiche également une résistance remarquable, comme le souligne Julien Chouet, son représentant en Périgord : « Sur 18 communes, 17 sont restées communistes. »

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Perspectives pour les scrutins à venir

Cette nouvelle donne politique en Dordogne sera déterminante pour les votes communautaires à venir. En revanche, pour les élections départementales et régionales, il faudra patienter jusqu’en 2028, une échéance qui semble encore lointaine mais où ces repositionnements locaux pourraient jouer un rôle crucial.