La Rochelle : deux adjoints soutiennent Falorni mais conservent leurs délégations jusqu'aux municipales
Deux adjoints de La Rochelle soutiennent Falorni mais gardent leurs postes

La Rochelle : deux adjoints maintiennent leurs fonctions malgré leur soutien à Falorni

Dans le paysage politique rochelais, une situation singulière se dessine à l'approche des élections municipales des 15 et 22 mars. Deux adjoints au maire, Dominique Guégo (Place publique) et Pascal Daunit (Renaissance), ont publiquement affiché leur soutien à Olivier Falorni (Les Démocrates), le concurrent du maire sortant de centre gauche Thibaut Guiraud. Pourtant, contre toute attente, les deux élus conservent leurs délégations et entendent mener leurs missions jusqu'au terme du mandat actuel.

Des adjoints déterminés à poursuivre leur travail

Contactés par le journal Sud Ouest, Dominique Guégo et Pascal Daunit ont confirmé leur volonté de rester en poste. Dominique Guégo, en charge du patrimoine bâti, des affaires immobilières et foncières, assure travailler activement : « Je traitais hier avec le ministère de l'Intérieur pour l'autorisation des jeux du casino, je préside demain la commission des appels d'offres, je signe des actes notariés aujourd'hui. De toute façon, il n'y a plus de grandes décisions, on est sur la gestion des affaires courantes. »

De son côté, Pascal Daunit explique : « J'ai été élu avec l'équipe de Jean-François Fountaine pour six ans, j'irai jusqu'à la fin du mandat. Pour la prochaine mandature, c'est un autre projet. » Le maire sortant Thibaut Guiraud, quant à lui, n'a pas l'intention de leur retirer leurs délégations, une décision qui n'est pas sans précédent dans l'histoire politique locale.

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Des tensions palpables au sein de la majorité

L'ambiance n'est cependant pas au beau fixe. Thibaut Guiraud rappelle son engagement pris dès le lendemain de la primaire qui l'a désigné successeur du maire en juin 2025 : « Je me suis engagé à garder tout le monde, à conforter l'ensemble des conseillers dans leurs délégations dans un esprit de rassemblement. En contrepartie, j'attendais une certaine solidarité. » Cette solidarité a volé en éclats lorsque Dominique Guégo s'est rallié à Olivier Falorni, suivant la consigne du parti de Raphaël Glucksmann.

Dominique Guégo justifie son positionnement par une longue relation avec Olivier Falorni : « Je connais Olivier Falorni depuis quinze ans. Nous avons fait ensemble la campagne des municipales en 2014, il m'a soutenu aux départementales en 2015, je l'ai soutenu aux législatives en 2017. » L'élu a trouvé « un peu brutale » la rupture entre Olivier Falorni et l'ancien maire Jean-François Fountaine, et critique la manière dont Thibaut Guiraud a succédé au maire, évoquant une « forme de dérive » et un fonctionnement « très vertical ».

Des accusations de manque de consultation et des motivations financières

Pascal Daunit rejoint Dominique Guégo dans ses critiques, estimant que le maire actuel prend les décisions avec « son cabinet et trois ou quatre élus proches ». Dominique Guégo déplore que les autres conseillers de la majorité « n'étaient pas considérés » et affirme : « On ne traitait en municipalité que l'écume des choses ces derniers temps. »

Thibaut Guiraud présente une version différente. Concernant Dominique Guégo, il témoigne : « Avec Dominique Guégo, on ne s'est pas entendus sur les affaires foncières. » À propos de Pascal Daunit, il explique : « Il est venu me proposer un projet au mois de juillet, mais je n'ai jamais vu l'ébauche d'une idée. J'ai finalement appris par voie de presse que Pascal Daunit ralliait Olivier Falorni. » Pascal Daunit rétorque avoir été désigné pilote de Renaissance pour les municipales en mai et avoir tenté de rencontrer Thibaut Guiraud en septembre sans succès.

Les tensions se sont manifestées lors du vote sur le budget 2026, où Pascal Daunit s'est abstenu et Dominique Guégo n'a pas pris part au vote. Thibaut Guiraud interprète ces positions comme un manque d'assurance, déclarant à propos de Dominique Guégo : « C'est à son image, il n'assume pas. » Le maire avance également une autre explication à ces défections : la conservation des indemnités d'élus, qui s'élèvent à 1 808,63 € bruts mensuels pour un adjoint.

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Cette situation illustre les fractures au sein de la majorité rochelaise à quelques semaines des élections municipales, où l'enjeu dépasse les simples alliances politiques pour toucher à la gouvernance locale et aux relations personnelles entre élus.