La destitution du maire de Sillans-la-Cascade, Christophe Carrière, officialisée le jeudi 18 juin 2026, continue d'alimenter les discussions dans ce village varois de 800 habitants. Un triumvirat a été mis en place pour gérer les affaires courantes en attendant les prochaines élections, prévues dans trois mois. La décision fait suite à l'annulation des élections du 15 mars par le tribunal administratif de Toulon, qui a estimé que les nationalités de deux colistiers du maire sortant – un Belge et un Portugais – avaient été omises, ce qui aurait pu modifier le résultat du scrutin.
Des réactions contrastées dans le village
Dans les rues, les terrasses et les commerces, le sujet est sur toutes les lèvres. Julien, restaurateur et patron de la Gaudinette, exprime son amertume : « Ça m'attriste car toutes les animations du village sont déprogrammées et depuis l'annulation des élections, on sent des tensions, un peu comme lors de la campagne. » Il déplore également le manque d'information : « On n'a pas beaucoup d'information. Une délégation a été mise en place mais on ne sait pas ce que cette équipe va faire exactement. De nouvelles élections doivent être organisées dans trois mois mais on ne connaît pas la date. Pour ma part, je suis content de retourner aux urnes. »
Un habitant de l'opposition partage son scepticisme
À la boulangerie-épicerie, un habitant ayant figuré sur la liste d'opposition lors du scrutin du 15 mars, qui préfère garder l'anonymat, confie : « Les élections ont juste été annulées pour des raisons administratives et pour cela, on remet tout en cause. Après, le maire se dit légaliste, alors on doit accepter. » Il évoque les 84 voix d'écart qui le laissent dubitatif : « C'est à la fois peu et très significatif mais maintenant, c'est gênant, ça a abîmé l'ambiance dans le village. Moi, je suis pour la tranquillité. Il va y avoir une nouvelle campagne et je ne sais même pas si je vais y retourner. C'est dommage, je viens du monde du tourisme et j'ai plein d'idées. Car aujourd'hui, il n'y a que la cascade et c'est du ressort du Département. »
Au bar de la Cascade, les avis divergent
Au bar de la Cascade, les discussions s'animent rapidement. Najim ne cache pas ses critiques envers le maire tout en lui reconnaissant certaines qualités : « Je suis le premier à critiquer le maire mais il faut reconnaître qu'il est authentique. Il aime vraiment son village. Il y en a qui disent qu'il faut du changement. Sans doute. Et peut-être que si Mme Apostolo n'était pas sur la liste et, en tête en plus, il y aurait eu un changement de municipalité. » Il balaye l'histoire des nationalités : « On se connaît tous ! Regardez, lui, c'est le petit du Portugais ! » Selon lui, l'expérience de Christophe Carrière joue aussi dans l'opinion : « Le maire connaît son travail, c'est normal : il a baigné dans la politique avec son père et son frère. On critique l'école en disant qu'elle est isolée et pas moderne. C'est vrai qu'il y a encore des choses à faire mais on n'a pas d'argent. »
Incompréhension et anticipation
Nadine, abasourdie, peine à comprendre : « Comment peut-on mal voter ? Les personnes âgées, je peux comprendre, mais les autres ? » Gaston, lui, regarde déjà vers les prochaines échéances : « Le maire n'a pas commis de faute mais cette situation pourrait influencer le résultat des élections. Les conseils municipaux vont ensuite être très animés. Faudra que vous veniez ! Moi, j'ai des griefs personnels avec le maire mais il tient la route et si l'opposition passe, je pense qu'on peut plier bagage. »
Un avenir politique incertain
À trois mois d'un nouveau scrutin, une chose est sûre : à Sillans-la-Cascade, la politique locale n'a pas fini de faire parler. Avant les élections de 2026, les communes de moins de 2 500 habitants n'étaient pas visées par l'obligation de mentionner les nationalités, ce qui ajoute une couche de complexité à cette affaire.



