L'union du centre droit derrière Thomas Cazenave à Bordeaux
Les maires déjà réélus du groupe politique Métropole Commune(s), qui rassemble les élus de la droite et du centre à Bordeaux Métropole, ont lancé un appel solennel ce mardi 17 mars. Ils exhortent les électeurs à soutenir la candidature de Thomas Cazenave pour la mairie de Bordeaux, affirmant qu'il représente le seul vote utile capable de renverser le maire sortant écologiste Pierre Hurmic lors du second tour prévu dimanche 22 mars.
Un soutien politique massif et coordonné
Si Thomas Cazenave échoue dans sa conquête de la mairie de Bordeaux ce dimanche, il ne pourra certainement pas invoquer un manque de soutiens politiques. Après la tribune publiée ce mardi par les plus hautes figures du centre droit français – incluant le président du Sénat Gérard Larcher, le président des Républicains Bruno Retailleau, le président de Renaissance Gabriel Attal, l'ancien Premier ministre Édouard Philippe, le président du MoDem Marc Fesneau, celui de l'UDI Hervé Marseille et la sénatrice girondine Nathalie Delattre –, le candidat a reçu le même jour l'appui sans réserve des maires du groupe Métropole Commune(s).
Les ténors du centre droit bordelais se sont rendus en personne à sa permanence de campagne, cours Georges-Clemenceau, pour afficher leur unité et faire bloc derrière sa candidature. Parmi eux figuraient des poids lourds de la métropole :
- Christophe Duprat, maire LR de Saint-Aubin-de-Médoc, réélu dès le premier tour avec 100% des voix
- Emmanuel Sallaberry, maire de Talence, réélu avec 66,39% des suffrages
- Michel Labardin, maire de Gradignan qui se succède à lui-même
- Patrick Bobet, ancien maire LR du Bouscat et ex-président de la Métropole (2019-2020)
La jeune garde également mobilisée
Les jeunes pousses du groupe Métropole Commune(s) étaient également présentes, démontrant l'engagement transversal du centre droit bordelais. Yohann Giacometti, fraîchement élu maire de Carbon-Blanc, et Jérémy Nicol, nouveau maire de Saint-Vincent-de-Paul, ont manifesté leur passion pour la bataille électorale bordelaise et leur soutien résolu à Thomas Cazenave.
Tous partagent un même credo : « La bataille de Bordeaux est gagnable, Thomas Cazenave est le meilleur candidat. » Michel Labardin a insisté sur la nécessité de « redonner force et puissance à la Métropole », affirmant que « Bordeaux est le pivot de cette alternance ».
Un rêve métropolitain à portée de main
Christophe Duprat, dans un élan presque visionnaire, a déclaré : « Dimanche soir, nous avons eu un espoir, un grand espoir : grâce à toi, on s'est pris à rêver que notre Métropole allait basculer, avoir un programme qui redonne une attractivité et un élan. Cela implique une mobilisation générale. »
Les chiffres du premier tour justifient cet optimisme mesuré : Thomas Cazenave a enregistré 25,58% des suffrages (25 617 voix), se situant seulement deux points derrière le maire sortant Pierre Hurmic (27,68%, 27 719 voix). Cependant, le député macroniste semble plafonner depuis des mois, tandis que son adversaire du centre droit, Philippe Dessertine, connaît une progression constante (20,20%, 20 228 voix).
L'enjeu métropolitain : clé de la stratégie
Pour Métropole Commune(s), la bataille de Bordeaux revêt une importance vitale. Reprendre le contrôle de la Métropole perdue en 2020 passe impérativement par une victoire à Bordeaux. Thomas Cazenave résume parfaitement cette équation politique : « Pour changer Bordeaux, il faut avoir la Métropole. Et pour avoir la Métropole, il faut avoir Bordeaux. »
Le candidat a d'ores et déjà annoncé que, s'il est élu maire de Bordeaux, il briguera la présidence de la Métropole, revenant ainsi au schéma des années Juppé où le maire de la ville centre assumait naturellement la direction de l'intercommunalité. « Et on est tous d'accord ! » a précisé Christophe Duprat, confirmant l'unité du groupe sur cette stratégie.
La critique de Dessertine et l'appel au vote utile
Tous les maires présents ont fustigé Philippe Dessertine, qu'ils accusent de faire le jeu de Pierre Hurmic en refusant une fusion de sa liste avec celle de Thomas Cazenave. Patrick Bobet a qualifié cette position d'« incompréhensible », tandis que les autres élus la jugent irresponsable.
Convaincus que la victoire serait assurée en cas de duel direct Hurmic-Cazenave, ils martèlent un message unique : il n'existe qu'un seul vote utile, celui pour Thomas Cazenave. Cette position s'inscrit dans une logique de reconquête du pouvoir métropolitain, perdu en 2020 au profit d'une majorité PS-Écologistes qui avait mis fin à la traditionnelle cogestion entre droite et gauche.
L'avenir de la gouvernance métropolitaine
Interrogés sur le possible retour à la cogestion dont ils ont tant critiqué la disparition, les maires du centre droit restent évasifs. « On en reparlera entre nous », répondent-ils, laissant planer un certain doute. Christophe Duprat élude la question en recentrant le débat : « Ce qu'on veut, c'est l'emporter à Bordeaux. »
Patrick Bobet suggère quant à lui que « le mot n'existe plus, il faudra en trouver un autre ». Reste à savoir si la chose elle-même survivra à un éventuel retour au pouvoir du centre droit. Pour Emmanuel Sallaberry, l'essentiel réside dans la capacité à se mettre d'accord sur un projet de mandature à l'échelle de la Métropole, sans se soucier excessivement des étiquettes politiques.
Alors que le second tour approche, le centre droit bordelais apparaît plus uni que jamais derrière Thomas Cazenave, convaincu que l'alternance à Bordeaux ouvrirait la voie à une reconquête plus large du pouvoir métropolitain et à un nouveau chapitre dans la gouvernance de l'agglomération.



