Biarritz : un second tour municipal sous le signe des recompositions politiques
Les tractations post-premier tour ont profondément modifié le paysage électoral à Biarritz. L'ancien international de rugby Serge Blanco, arrivé en tête avec un peu plus de 26% des voix, a réussi à rallier à sa cause Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, le candidat divers droite arrivé quatrième avec 13% des suffrages. Cette alliance stratégique place le duo en position de force avec près de 40% des intentions de vote cumulées.
La maire sortante isolée face aux recompositions
De son côté, la maire sortante Maider Arosteguy (LR), devancée de seulement douze voix par Serge Blanco au premier tour, se retrouve dans une situation délicate. Malgré ses appels à « l'union de toutes les forces de la droite et du centre », elle n'a pu convaincre Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde de la rejoindre. Ce dernier a rappelé son engagement écrit pris « il y a plusieurs mois » de ne pas se rallier à la sortante.
Mardi à midi, l'équipe de Maider Arosteguy a annoncé qu'elle maintenait sa liste initiale, refusant selon elle « de sacrifier la clarté et la cohérence de son engagement à des calculs politiques ». La candidate conserve ainsi ses 26,6% de voix du premier tour, mais avec peu de réserves électorales apparentes pour le second tour.
La gauche exclue des principales alliances
Arrivée troisième avec 17,82% des voix, Ana Ezcurra (divers gauche) avait initialement tendu la main à Serge Blanco, tout en excluant tout rapprochement avec Maider Arosteguy. Mais l'équipe de l'ancien rugbyman a rapidement fermé la porte à cette éventualité.
Guillaume Barucq (12,16%) avait pour sa part plaidé pour une union des trois listes qualifiées derrière Blanco et Arosteguy. « Nous étions partants pour cette union des forces d'opposition, jeune et progressiste », a expliqué Sara Bonnet, directrice de campagne d'Ana Ezcurra. Mais les exigences de Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde, qui réclamait la tête de liste, ont rendu cette alliance impossible.
Des tractations dénoncées par certains candidats
Les négociations ont été particulièrement intenses lundi et mardi, suscitant des critiques acerbes. « Les tractations, c'était tout ce que nous dénonçons : de la politique politicienne d'ancien temps, pas au service d'un projet », a déploré Sara Bonnet. En contraste, elle a évoqué des échanges plus sereins avec Guillaume Barucq, qui occuperait le poste de premier adjoint en cas de victoire de leur alliance.
Finalement, l'alliance entre la liste de Serge Blanco et celle de Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde s'est faite sur une base arithmétique précise, intégrant cinq membres de Cap Biarritz sur un total de trente-cinq élus potentiels. L'ingénieur de trente ans, opposant historique à Maider Arosteguy notamment sur le projet de logements à Aguilera, occupera le poste de premier adjoint dans cette configuration.
Un second tour plus ouvert que jamais
Avec ces recompositions, le second tour s'annonce particulièrement indécis. Si Serge Blanco et Jean-Baptiste Dussaussois-Larralde totalisent 39,79% des voix cumulées, l'alliance des listes d'Ana Ezcurra et Guillaume Barucq représente quant à elle 29,98% des suffrages. Maider Arosteguy, avec ses 26,6%, devra convaincre au-delà de son électorat initial pour espérer se maintenir.
Les électeurs biarrots auront ainsi le choix entre trois blocs distincts : la droite rassemblée derrière Serge Blanco, la gauche unie autour d'Ana Ezcurra, et la sortante Maider Arosteguy qui fait cavalier seul. Les réserves de voix et les reports seront déterminants dans cette triangulaire où chaque pourcentage comptera.



