Le projet de statut d'autonomie pour la Corse est en bonne voie pour passer l'obstacle de l'Assemblée nationale. Selon les informations du Monde, un vote est prévu le 24 juin 2026. Le texte, qui vise à accorder une large autonomie à l'île de Beauté, bénéficie du soutien du gouvernement et d'un compromis trouvé avec la droite.
Un compromis avec la droite
Le gouvernement a accepté plusieurs amendements proposés par Les Républicains (LR) pour obtenir leur soutien. Parmi ces concessions, la mention de la "communauté nationale" dans le préambule du texte a été renforcée, et des garanties ont été apportées sur le maintien des compétences de l'État en matière de sécurité et de justice. En échange, LR ne s'opposera pas au vote. "C'est un équilibre satisfaisant qui préserve l'unité de la République tout en reconnaissant les spécificités corses", a déclaré un député LR.
Les détails du statut
Le statut d'autonomie prévoit le transfert de plusieurs compétences à la Collectivité de Corse, notamment en matière de développement économique, de transport, d'énergie, d'environnement, de culture et d'éducation. La Corse pourrait également adapter les lois nationales à ses spécificités locales. Toutefois, les domaines régaliens comme la défense, la sécurité intérieure, la justice et la monnaie restent de la compétence exclusive de l'État.
Un processus long et controversé
Ce projet de statut est le fruit de plusieurs années de négociations entre l'État et les élus corses. Il a été initié après les violences en Corse en 2022 et le meurtre d'Yvan Colonna. Le processus a été marqué par des tensions, notamment entre les nationalistes corses, qui réclament une autonomie plus large, et les opposants au projet, qui y voient une menace pour l'unité nationale. Selon un sondage Ifop réalisé en mai 2026, 58% des Corses se disent favorables à ce statut.
Les prochaines étapes
Si l'Assemblée nationale adopte le texte le 24 juin, celui-ci sera ensuite examiné par le Sénat. Pour être définitivement adopté, le projet de loi constitutionnelle devra être voté dans les mêmes termes par les deux chambres, puis réuni en Congrès à Versailles pour une adoption à la majorité des trois cinquièmes. Le gouvernement espère une adoption définitive avant la fin de l'année 2026. "C'est un moment historique pour la Corse et pour la République", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin.



