L'Assemblée nationale a traversé une année particulièrement mouvementée, caractérisée par de nombreuses polémiques et un faible nombre de réformes d'ampleur, selon un bilan dressé par les services de l'institution. Entre blocages parlementaires, tensions entre majorité et opposition, et affaires médiatiques, les députés ont peiné à légiférer efficacement.
Un rythme législatif en berne
Sur les 365 jours de la session, seules 12 lois ont été adoptées, contre une moyenne de 25 lors des années précédentes. Parmi elles, aucune réforme structurelle majeure n'a vu le jour, à l'exception d'un texte sur la simplification administrative, qualifié de « timide » par plusieurs observateurs. Le gouvernement a dû recourir à 18 reprises à l'article 49.3 de la Constitution pour faire passer ses textes, un record depuis 1958.
Les polémiques qui ont marqué l'année
L'année a été émaillée par plusieurs affaires. En octobre, une querelle sur les indemnités des députés a occupé les débats pendant trois semaines, aboutissant à une hausse de 5 % des frais de mandat, vivement critiquée par l'opinion publique. En février, l'utilisation de l'hémicycle pour des déclarations personnelles a provoqué une suspension de séance et une enquête de la déontologie parlementaire. Selon un sondage Ifop, 72 % des Français jugent l'action de l'Assemblée « inefficace ».
Des relations tendues entre majorité et opposition
Les relations entre la majorité présidentielle et les groupes d'opposition ont atteint un point bas. Le président de l'Assemblée, Yaël Braun-Pivet, a dû intervenir à 45 reprises pour rappeler à l'ordre des députés. « Nous avons perdu un temps précieux dans des querelles stériles », a-t-elle déclaré en séance. De son côté, le chef de file des députés LR, Olivier Marleix, a dénoncé « une dérive autoritaire du gouvernement ».
Des absences record
Le taux d'absentéisme a également battu des records : en moyenne, 35 % des députés étaient absents lors des votes importants. Cette désaffection a été pointée du doigt par la Conférence des présidents, qui a proposé un renforcement des sanctions financières pour les absences non justifiées.
Un bilan contrasté pour les commissions
Les commissions permanentes ont travaillé sur 450 textes, mais seuls 10 % ont abouti à un vote en séance publique. La commission des Finances a été particulièrement critiquée pour son manque de contrôle sur le budget. « Nous avons l'impression de travailler dans le vide », a confié un rapporteur sous couvert d'anonymat.
Quelles perspectives pour la rentrée ?
À l'approche de la rentrée parlementaire, les groupes politiques cherchent à relancer la machine. Une réforme du règlement de l'Assemblée est en préparation pour limiter le recours au 49.3 et améliorer le dialogue. Cependant, les experts restent sceptiques. « Sans une volonté politique forte, l'institution risque de continuer à s'enliser », estime le politologue Jean-Yves Dormagen.



