Le régulateur de l'audiovisuel, l'Arcom, a formellement averti CNews suite à un reportage et un débat concernant la campagne de Rachida Dati à Paris, diffusés deux jours avant le second tour des élections municipales de mars 2026. Selon une décision rendue publique jeudi 9 juillet 2026, ces contenus ont été critiqués pour leur manque de « mesure » et « d'honnêteté ».
Des commentaires pas assez impartiaux
L'Arcom considère que la soirée sur la chaîne du groupe Canal+ a « donné lieu à l'expression de points de vue largement convergents », avec « des appréciations positives voire laudatives » sur la candidate de l'opposition de droite et du centre, et « de vives critiques à l'égard des autres » postulants à la Mairie de Paris. Le reportage grand format Rachida Dati à la conquête de Paris et les échanges en plateau « présentaient un manque de mesure et d'honnêteté dans les commentaires et présentations de la campagne, caractérisant un manquement de la chaîne à ses obligations ».
Mise en demeure et risques de sanctions
CNews, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré, est « mise en demeure de se conformer » à ses obligations à l'avenir. Dans l'échelle des interventions de l'Arcom, la mise en demeure, qui vaut avertissement, précède toute sanction, notamment financière. Première chaîne info en part d'audience en 2025, CNews a été devancée par BFMTV entre mars et juin 2026. Mi-juin, le régulateur l'avait déjà mise en demeure de mieux respecter la diversité « des courants de pensée et d'opinion », sous peine de sanctions financières.
Pas d'acharnement, selon le président de l'Arcom
Dans une tribune publiée jeudi sur le site du Figaro, le président de l'Arcom affirme que celle-ci « applique la loi, sans parti pris ». « Souhaitons-nous fermer CNews, comme on l'entend à chaque rappel à l'ordre ? Au contraire, explique-t-il, elle doit pouvoir contribuer à la diversité des chaînes d'information disponibles par voie hertzienne et exprimer sa ligne éditoriale – ce n'est pas interdit et c'est précisément l'intérêt d'avoir quatre chaînes d'information. Mais dans le respect de la loi ».
Surveillance accrue en vue de 2027
Par ailleurs, l'Arcom a publié jeudi son rapport sur le traitement des élections municipales, saluant « un respect global des règles » par les médias audiovisuels. Concernant les plateformes en ligne qu'elle contrôle aussi, le régulateur estime que la « coopération » avec les autorités et administrations « devra être renforcée en amont de l'élection présidentielle de 2027 ». L'Arcom a récemment annoncé qu'elle allait se doter à la rentrée d'une « veille » sur le respect du pluralisme sur les quatre chaînes info de la TNT (BFMTV, CNews, LCI, FranceInfo), avec 2027 en ligne de mire.



