Alexandra Masson, maire RN de Menton, était l'invitée de l'émission L'Interview à la une pour aborder plusieurs dossiers brûlants de la cité du citron. Installée à l'hôtel de ville depuis le 22 mars dernier, elle revient sur ses engagements et les polémiques qui entourent sa politique.
Arrêté anti-mendicité agressive : un équilibre entre sécurité et aide sociale
Interrogée sur l'arrêté anti-mendicité agressive qui fait débat, Alexandra Masson affirme que Menton est une ville de passage où le nombre de sans-abri a été multiplié par trois ou quatre en trois ans. « Des personnes craignent de sortir en bas de leur immeuble le soir, de peur de se faire agresser par des gens alcoolisés ou drogués », explique-t-elle. Elle rappelle que cet arrêté figurait dans son programme électoral, mais qu'elle avait promis de ne le prendre qu'à condition de créer un accueil de nuit. Les services de l'État soutiennent cette démarche, selon elle, et trouvent « formidable qu'enfin un maire accepte de faire un accueil de nuit à l'est du département ». Elle espère une ouverture d'ici six à sept mois, pour la période hivernale. Ce lieu offrirait aux sans-abri un espace pour se restaurer, se laver et bénéficier d'une assistance 24 heures sur 24.
Concernant les associations, elle les a reçues mercredi matin. Les points de maraudes, jugés trop nombreux (neuf) pour une ville touristique balnéaire, ont été réduits à cinq. « Les associations, je pense, ont totalement compris cette démarche. Je leur offre la perspective de pouvoir travailler avec nous sur le long terme, y compris sur l'accueil de nuit », précise-t-elle, ajoutant avoir besoin de leur aide, notamment pour l'alimentaire. « Il faut que les Mentonnais puissent avoir leur territoire sécurisé. Il faut que les gens qui sont dans la rue aient une offre pour qu'on puisse les aider. C'est ça, le point d'équilibre. »
Recrutement de policiers municipaux et développement des croisières
Sur le front de la sécurité, Alexandra Masson annonce avoir recruté une directrice de la police municipale, qui arrivera le 1er septembre. Issue d'une grande ville d'une autre région, elle possède une « très grande expérience ». Parallèlement, six nouveaux policiers municipaux ont été recrutés en moins de deux mois et seront en service dès juillet.
La maire souhaite également augmenter le nombre de croisières à Menton, mais pas n'importe lesquelles. « Je ne veux surtout pas de bateaux immeubles », insiste-t-elle. Actuellement, la ville accueille dix croisières par an ; elle demande à l'État d'en autoriser vingt, des croisières de grand luxe sur des petits bateaux, souvent électrifiés et à faibles émissions de CO2. « Ça reste extrêmement raisonnable, ça sera un tourisme extrêmement qualitatif. »
Sommet franco-italien et immigration : une position ferme
À propos du sommet franco-italien prévu à Antibes le 25 juin, Alexandra Masson se réjouit qu'il se tienne dans les Alpes-Maritimes, premier département frontalier avec l'Italie. « Ça aurait encore plus de sens de le faire à Menton, mais je ne désespère pas pour le prochain », lance-t-elle en riant.
Elle félicite la Première ministre italienne Giorgia Meloni pour sa politique migratoire ferme, qui a eu des effets visibles à Menton. « Les vagues d'immigration qu'on avait connues entre 2021 et 2024 ont énormément diminué depuis son arrivée », affirme-t-elle, malgré des régularisations massives en Italie. Selon elle, Meloni a fermé les frontières sur les autres zones de la Méditerranée, stoppant l'afflux de bateaux. « Au poste frontière de Menton, les arrivées ont été divisées par deux et demi. »
Élections sénatoriales : objectif trois sièges
En septembre, les élections sénatoriales verront la liste RN UDR en lice pour cinq sièges. Alexandra Masson, qui compte cinq maires RN, des conseillers régionaux et départementaux, est confiante : « Je pense que nous pouvons avoir trois sénateurs minimum. » La liste est en cours de constitution et devrait être dévoilée en juillet.



