Assemblée : 36 milliards supplémentaires pour la loi de programmation militaire
36 milliards de plus pour la loi de programmation militaire

L'Assemblée nationale a adopté mardi 19 mai 2026, en première lecture, un amendement gouvernemental prévoyant 36 milliards d'euros supplémentaires pour la loi de programmation militaire (LPM) 2024-2030. Ce vote, acquis par 289 voix contre 212, porte le budget total de la défense à 413 milliards d'euros sur la période, contre 377 milliards initialement prévus.

Un contexte géopolitique tendu

Le gouvernement justifie cette hausse par la détérioration de la situation sécuritaire en Europe et dans le monde. Le ministre des Armées a souligné la nécessité de renforcer les capacités militaires françaises face aux menaces croissantes, notamment en matière de cyberdéfense et de dissuasion nucléaire. Cette augmentation budgétaire vise à accélérer les programmes d'équipement et à améliorer la préparation opérationnelle des forces.

Les principaux postes de dépenses

Les 36 milliards supplémentaires seront répartis entre plusieurs priorités :

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  • Renouvellement des équipements majeurs : 15 milliards pour le programme Scorpion (véhicules blindés), le futur avion de combat SCAF et les frégates de défense.
  • Cyberdéfense et guerre électronique : 8 milliards pour renforcer les capacités de protection et d'attaque dans le cyberespace.
  • Dissuasion nucléaire : 6 milliards pour la modernisation des têtes nucléaires et des sous-marins lanceurs d'engins.
  • Préparation opérationnelle : 5 milliards pour l'entraînement, les munitions et le maintien en condition opérationnelle.
  • Innovation et R&D : 2 milliards pour les technologies de rupture (drones, intelligence artificielle, espace).

Des débats houleux dans l'hémicycle

L'opposition a vivement critiqué cette augmentation massive, dénonçant un « matraquage budgétaire » au détriment des services publics. Les députés de gauche ont proposé des amendements pour réduire l'enveloppe, arguant que ces crédits auraient dû être alloués à la transition écologique ou à la santé. Le Rassemblement national a, pour sa part, voté contre, estimant que les efforts ne sont pas suffisants pour garantir la souveraineté nationale.

Le gouvernement a mis en avant la nécessité de respecter les engagements pris envers l'OTAN, qui prévoient que chaque membre consacre 2 % de son PIB à la défense. Avec cette hausse, la France atteindra 2,1 % de son PIB en 2030. Le texte doit maintenant être examiné au Sénat, où des modifications pourraient être apportées.

Réactions des partenaires européens

Cette décision a été saluée par plusieurs alliés européens, notamment l'Allemagne et la Pologne, qui ont également annoncé des hausses de leurs budgets militaires. Bruxelles a souligné l'importance d'une Europe de la défense plus forte. En revanche, Moscou a dénoncé une « course aux armements » et promis des mesures de rétorsion.

Le vote final de la LPM est attendu pour juillet 2026, après le passage au Sénat et le consensus en commission mixte paritaire.

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