La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a tenté de rassurer les chefs d'entreprise français, réunis à Paris le 27 août 2026, en défendant une Union européenne qui « produit, investit et protège ». Cette intervention intervient alors que de nombreux patrons français se disent « amoureux déçus » de l'Europe, critiquant son manque d'ambition industrielle et sa lenteur décisionnelle.
Un discours pour reconquérir les entreprises françaises
Devant un parterre de dirigeants, Ursula von der Leyen a insisté sur la nécessité de renforcer la compétitivité européenne. Elle a notamment évoqué les efforts de la Commission pour simplifier les règles et soutenir l'innovation. « Nous devons faire en sorte que l'Europe soit le lieu où les entreprises peuvent prospérer », a-t-elle déclaré, selon des propos rapportés par Le Monde.
La présidente de la Commission a également rappelé les investissements massifs déjà engagés, comme le plan de relance post-pandémie de 750 milliards d'euros, dont une partie a été allouée à la transition numérique et écologique. Elle a souligné que l'Europe devait « protéger ses industries stratégiques » face à la concurrence mondiale, notamment chinoise et américaine.
Les attentes des patrons français
Les patrons français, réunis à l'occasion d'une rencontre organisée par le Medef, ont exprimé leur frustration face à une Europe qu'ils jugent trop bureaucratique et peu réactive. Plusieurs d'entre eux ont appelé à une « Europe qui ose », capable de prendre des décisions rapides et de soutenir les champions industriels européens.
Parmi les sujets évoqués figurent la politique énergétique, la régulation des géants du numérique et la nécessité de réduire les dépendances stratégiques. Les dirigeants ont également plaidé pour une simplification administrative, estimant que les petites et moyennes entreprises sont particulièrement pénalisées par les lourdeurs européennes.
Des engagements concrets pour l'avenir
Ursula von der Leyen a promis des avancées concrètes, notamment en matière de financement de l'innovation et de soutien aux filières industrielles clés. Elle a cité l'exemple des semi-conducteurs, secteur dans lequel l'Union européenne a lancé un plan de 43 milliards d'euros pour doubler sa part de marché mondiale d'ici 2030.
La présidente de la Commission a également évoqué la création d'un fonds souverain européen, destiné à financer les projets stratégiques et à garantir l'autonomie de l'Union dans des domaines critiques comme la santé, l'énergie ou le numérique. Ce fonds, dont les contours restent à définir, pourrait être doté de plusieurs centaines de milliards d'euros.
Les réactions des patrons français restent mitigées. Si certains saluent les intentions de la Commission, d'autres restent sceptiques quant à la capacité de l'Union à concrétiser ces promesses. « Nous attendons des actes, pas seulement des discours », a confié l'un des participants, sous couvert d'anonymat.
Cette rencontre marque une étape importante dans le dialogue entre Bruxelles et le patronat français, alors que les élections européennes de 2029 se profilent. Ursula von der Leyen, qui brigue un troisième mandat, entend bien faire de la compétitivité l'un des axes majeurs de sa campagne.



