Le gouvernement vénézuélien et l'opposition ont annoncé, jeudi 13 août, être parvenus à des points d'accord autour d'une réforme judiciaire, une avancée notable dans un pays où le dialogue politique est souvent rompu. Selon les déclarations conjointes rapportées par Le Monde, les deux camps ont convenu de la nécessité de « garantir l'indépendance de la justice » et de « lutter contre la corruption », sans toutefois préciser les modalités concrètes de cette réforme.
Des discussions facilitées par la médiation internationale
Ces accords font suite à des négociations facilitées par des médiateurs internationaux, dont la Norvège, qui avait déjà joué un rôle dans les pourparlers de 2021. Les discussions ont repris en juillet dernier dans un contexte de tensions politiques et économiques, avec une inflation galopante et des sanctions internationales toujours en vigueur. Le gouvernement de Nicolás Maduro et la plateforme d'opposition, menée par Juan Guaidó jusqu'à sa dissolution en décembre 2023, ont accepté de créer un comité technique mixte chargé de préparer les textes législatifs.
Une réforme limitée mais symbolique
Les points d'accord portent essentiellement sur la nomination des juges et la création d'un mécanisme de contrôle disciplinaire. Pour l'instant, aucun calendrier n'a été évoqué, et les observateurs notent que des divergences persistent sur le sort des prisonniers politiques, un sujet que l'opposition avait mis en avant. Selon une source proche des négociations citée par Le Monde, « ces accords sont un premier pas, mais ils restent fragiles ».
Réactions et perspectives
Du côté de l'opposition, on salue une « ouverture », tout en rappelant que la réforme judiciaire ne saurait se substituer à des élections libres. Le pouvoir, lui, y voit une preuve de sa volonté de dialogue. Les États-Unis, qui ont allégé certaines sanctions pétrolières en 2023, n'ont pas encore réagi officiellement. Cette annonce intervient alors que le Venezuela traverse une crise migratoire sans précédent, avec plus de 7,7 millions de personnes ayant quitté le pays selon l'ONU. La mise en œuvre de cette réforme pourrait ouvrir la voie à d'autres discussions, notamment sur les conditions de reprise des échanges économiques.



