Vaskange.world, le premier jeu vidéo français 100 % explorable en zoomant, est désormais disponible en ligne. Ce projet unique est né d'un dessin infini partagé sur TikTok, qui cumule plus de 11 millions de vues. L'illustrateur lyonnais, Vaskange, a su transformer son art en une expérience ludique immersive, attirant déjà 20 000 utilisateurs.
Un concept né d'une passion pour le dessin
« Le dessin, c'est quelque chose que je fais depuis que je suis tout petit », confie l'illustrateur. Il a commencé en recopiant des Pokémon avant de se passionner pour la bande dessinée et les mangas. Au lycée, il réalise trois BD et décroche un prix au festival d'Angoulême. Cette envie de raconter des histoires, de « transmettre des émotions » et de « plonger les gens dans un univers » ne le quitte pas. Des années plus tard, c'est ce qui a donné naissance à son nouveau projet : le jeu vidéo en dessin infini. « Le médium est différent, mais l'attention est la même », résume-t-il, en souriant.
Un succès viral sur les réseaux sociaux
Vaskange a découvert le dessin infini grâce aux réseaux sociaux. « Plusieurs artistes, qui utilisaient l'application Endless Paper sur tablette qui sert, à l'origine, à prendre des notes sur une feuille sans fin, ont publié leurs réalisations. J'ai tout simplement repris le concept », dit-il. La vidéo de son dessin infini qui s'inspire de ses vacances sur la Côte d'Azur, mêlées à des éléments plus fantaisistes, dépasse les 11 millions de vues sur TikTok aujourd'hui. Depuis ses premières esquisses, où c'est lui qui est en train de dessiner à son bureau, il a imaginé d'autres mondes, comme celui de robots, qui rappelle son passé d'ingénieur, ou l'espace, peuplé d'astronautes et de galaxies. « Quand j'ai commencé à faire des dessins infinis, je me suis demandé ''qu'est-ce qui est le plus infini ?'' et avec le monde spatial, j'avais un super terrain de jeu », indique-t-il. Parmi ses inspirations, il cite les jeux vidéo comme Zelda, les films d'animations de Hayao Miyazaki et les livres pour enfants de Claude Ponti, connus pour ses illustrations « chargées d'éléments ».
Du dessin au jeu vidéo
« À l'origine, je faisais des dessins infinis mais pas pour en faire un jeu vidéo. Mais à force d'en faire et de partager mes vidéos, j'ai voulu cacher des petits personnages pour que les gens les retrouvent », lance-t-il. C'est de cette manière que l'idée d'un jeu vidéo à partir de ses dessins s'est vraiment installée. Il a alors mis son projet sur un site Web, qui lui a demandé près d'un an de travail. « Ensuite, chaque année, je le mettais à jour avec de nouvelles fonctionnalités comme des musiques différentes en fonction des nouveaux mondes traversés, indique-t-il. Et pour ''gamifier'' le dessin, on a travaillé pendant six mois avec un développeur. » La version jouable est sortie il y a un peu plus de six mois. D'après le créateur, « on peut passer entre 20 et 30 heures » à jouer avant de terminer Vaskange.world.
Un jeu unique au monde
« Il y a peu d'artistes qui font du dessin infini dans le monde. Et je suis le seul qui a développé une interface de jeu réelle, à avoir gamifié le dessin. En France, c'est unique. Aux États-Unis, je sais qu'il existe une personne qui s'inspire du dessin infini mais qui n'a pas exporté son jeu depuis l'application Endless Paper. »
Un public curieux et varié
Tout comme sur les réseaux sociaux, où plus de 300 000 personnes suivent l'illustrateur lyonnais, Vaskange.world trouve son public « curieux » qui « aime explorer ». « Il y a 20 000 utilisateurs, une centaine qui joue chaque jour, assure-t-il. Les profils des joueurs sont très différents. On retrouve des enfants, des personnes qui jouent en famille, des adultes qui aiment le côté apaisant, qui ne jouent même pas forcément mais qui visitent le dessin. En général, les parents aiment ce genre de jeu car ce n'est pas de l'action, ce n'est pas excitant et ça demande de la concentration, de se poser, pour bien lire et résoudre énigmes. »
Des projets à venir
Et comme son nom l'indique, le jeu ne sera jamais vraiment fini. Vaskange a beaucoup de projets en tête. À commencer par une version payante du jeu qui va bientôt sortir grâce à une campagne de financement participatif. Ensuite, il veut proposer deux nouveaux univers payants. Mais son rêve serait de relancer un jour un Kickstarter pour financer un monde entièrement consacré aux insectes. « Ce sera un gros projet, mais j'adorerais le faire », glisse-t-il, en souriant.



