La Côte d’Azur n’est pas qu’une destination touristique. C’est aussi un territoire d’excellence au potentiel académique, scientifique, entrepreneurial, économique, culturel et industriel. C’est pour le faire davantage savoir qu’a été créé le Cercle, un réseau composé d’anciens élèves de l’Université Côte d’Azur (300.000 diplômés issus de plus de 560 formations, 28 structures et 12 campus), dirigeants, chercheurs, financeurs et élus. Jeudi 21 mai, deux mois après son lancement officiel, le Cercle se réunissait pour la première fois à Paris, Palais du Luxembourg, invité par la sénatrice Les Républicains des Alpes-Maritimes, Alexandra Borchio Fontimp.
La parlementaire est elle-même une ancienne élève. Titulaire d’un master en sciences de l’information et de la communication, elle a fréquenté les bancs de la faculté de Lettres, avant d’y revenir plus tard, en 2018, 2019 « parce que j’avais envie de continuer à apprendre ». « Chaque personne qui est passée par l’université a ce devoir de rendre à l’université ce que l’université lui a apporté en jouant un rôle d’ambassadeur », estime-t-elle.
« Casser les silos »
« Nous sommes la seule université en France à lancer ce type d’initiative, s’est félicité Jeanick Brisswalter, président d’Université Côte d’Azur. C’est la preuve que nous sommes une université d’avant-garde ». « Notre projet, c’était d’inventer l’université du XXIe et du XXIIe siècle, c’est-à-dire d’inventer de nouvelles formes d’universités qui soient en phase avec des grands enjeux de développement national. Comment avons-nous fait ? Nous avons bâti un projet basé sur un paradigme assez simple : casser les silos », a résumé le président.
L’université a ainsi supprimé les facultés classiques pour créer des écoles universitaires de recherche favorisant l’interdisciplinarité et des parcours plus flexibles. Jeanick Brisswalter a insisté sur la volonté de rapprocher formation, recherche et innovation. Selon lui, toutes les formations doivent être adossées à la recherche afin de suivre l’évolution rapide des connaissances, tandis que la recherche doit déboucher sur l’innovation. Il a souhaité casser la frontière entre public et privé, dans une logique de coopération avec les entreprises et les acteurs du territoire.
Le président d’Université Côte d’Azur défend un modèle d’université fortement ancré dans son territoire et en interaction permanente avec les collectivités et les acteurs économiques. Des partenariats ont ainsi été noués avec les différentes collectivités locales autour de thématiques stratégiques comme le spatial, le numérique, l’intelligence artificielle ou encore les industries culturelles et créatives. Jeanick Brisswalter a alerté sur le risque de décrochage scientifique et technologique de la France. Le rôle de l’université est, selon lui, de préparer les grandes avancées des dix à vingt prochaines années, en identifiant les secteurs stratégiques d’avenir. Il a notamment cité les technologies quantiques et l’intelligence artificielle, rappelant qu’Université Côte d’Azur fait partie des neuf clusters d’excellence français en IA, adossés à l’écosystème de Sophia Antipolis.
« Aujourd’hui, nous, université, nous préparons le monde de dans dix ans, vingt ans. Si on a des prix Nobel aujourd’hui, et on en a en France, c’est parce qu’on les a préparés il y a dix ans », a-t-il conclu.
Les trois annonces du Cercle
Au cours de cette première Rencontre du Cercle, géré par la Fondation Université Côte d’Azur, présidée par Mathieu Garotta, trois initiatives concrètes ont été annoncées.
- La création du « club 100 alumni », qui rassemble les cent anciens élèves aux parcours les plus remarquables pour qu’ils partagent leur expérience et soutiennent les projets étudiants. Le premier membre de ce club est Franck Diard, ingénieur à NVIDIA qui détient 106 brevets. Son don de 400 000 euros a déjà permis d’équiper l’école Polytech Nice Sophia avec des calculateurs d’intelligence artificielle.
- Le Cercle va publier des « Notes d’Impact » destinées à orienter les choix économiques et politiques régionaux. Le premier dossier traitera du financement des infrastructures nécessaires à la décarbonation.
- L’université s’associe enfin au cabinet EY Ventury de Nicolas Ivaldi. Leur but, lancer un fonds d’investissement d’ici le 1er janvier 2027. Cette aide viendra muscler un secteur de l’innovation technologique déjà dynamique, qui compte 10 entreprises créées depuis 2021 et 4,2 millions d’euros de soutien, avec des aides pouvant aller jusqu’à 200 000 euros par projet sur 5 ans.



