Un procès aux allures de règlement de comptes politique
Le maire d'Istanbul, Ekrem Imamoglu, figure de l'opposition turque, comparaît depuis ce mardi devant un tribunal pour des accusations de corruption et de terrorisme. Il encourt jusqu'à 2 532 ans de prison, une peine qui semble disproportionnée et qui suscite de vives critiques de la part de ses partisans et des observateurs internationaux.
Des accusations controversées
Imamoglu est poursuivi pour avoir, selon l'acte d'accusation, « mené des activités terroristes » et « détourné des fonds publics ». Des charges qu'il rejette fermement, dénonçant un procès politique visant à l'écarter de la vie politique turque. « C'est une tentative de bâillonner l'opposition », a-t-il déclaré à la sortie de l'audience.
Le dossier s'appuie notamment sur des témoignages anonymes et des preuves que les avocats de la défense qualifient de « fabriquées de toutes pièces ». Plusieurs organisations de défense des droits humains, dont Amnesty International, ont appelé à la libération immédiate du maire.
Un symbole de l'opposition
Élu maire d'Istanbul en 2019, Ekrem Imamoglu a infligé une défaite historique au parti du président Recep Tayyip Erdogan. Depuis, il est devenu une cible privilégiée du pouvoir. Son procès intervient dans un contexte de répression accrue contre les opposants politiques en Turquie, où des milliers de personnes sont emprisonnées pour des motifs politiques.
La communauté internationale suit de près cette affaire. L'Union européenne a exprimé sa « profonde inquiétude » et a appelé à un procès équitable. Les États-Unis ont également réagi, estimant que ces poursuites « nuisent à l'État de droit » en Turquie.
Le verdict est attendu dans les prochaines semaines. En attendant, le maire d'Istanbul reste libre sous contrôle judiciaire, mais son avenir politique semble plus que jamais incertain.



