TotalEnergies a annoncé un bénéfice net de 11,2 milliards de dollars pour le premier semestre 2024, en hausse de 12% par rapport à la même période en 2023. Le groupe pétrolier français profite de la flambée des cours du pétrole, alimentée par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient.
Des résultats portés par la hausse du brut
Le bénéfice net ajusté, qui exclut les éléments exceptionnels, s'élève à 10,8 milliards de dollars, contre 9,7 milliards un an plus tôt. Le chiffre d'affaires a progressé de 8% pour atteindre 98,7 milliards de dollars. Ces performances sont largement dues à l'augmentation du prix du baril de pétrole, qui a dépassé les 80 dollars en moyenne sur la période, contre 75 dollars au premier semestre 2023.
Le groupe a également bénéficié de la hausse des marges de raffinage et de la demande soutenue en gaz naturel liquéfié (GNL). Selon le directeur financier de TotalEnergies, Jean-Pierre Sbraire, « la solidité de nos résultats reflète la performance de notre modèle intégré et notre capacité à tirer parti d'un environnement de prix élevés ».
Contexte géopolitique favorable
La crise au Moyen-Orient, notamment les tensions entre Israël et le Hamas, ainsi que les attaques des Houthis en mer Rouge, ont perturbé les routes maritimes et fait grimper les prix de l'énergie. TotalEnergies a su capitaliser sur cette situation, tout en maintenant sa production à un niveau stable de 2,5 millions de barils équivalent pétrole par jour.
Le groupe a également annoncé un dividende intérimaire de 0,85 euro par action, en hausse de 6% par rapport à l'année précédente. De plus, TotalEnergies prévoit de racheter pour 2 milliards de dollars d'actions au second semestre 2024.
Investissements dans les énergies renouvelables
Malgré ces profits records, le groupe fait face à des critiques sur son engagement dans la transition énergétique. TotalEnergies a investi 3,5 milliards de dollars dans les énergies renouvelables et l'électricité au premier semestre, soit 30% de ses investissements totaux. Le PDG Patrick Pouyanné a réaffirmé l'objectif de neutralité carbone d'ici 2050, mais les ONG environnementales dénoncent un « greenwashing ».
Le bénéfice net de 11,2 milliards de dollars sur six mois suscite des réactions politiques. Le député écologiste Julien Bayou a déclaré : « TotalEnergies engraisse sur la guerre et la crise climatique. Il est temps de taxer les superprofits pour financer la transition écologique. »
Perspectives pour le second semestre
TotalEnergies reste prudent pour la seconde moitié de l'année, en raison de l'incertitude sur l'évolution des prix du pétrole et de la demande mondiale. Le groupe table sur un prix du baril entre 75 et 85 dollars pour le reste de 2024. La production devrait rester stable, avec un accent sur le développement du GNL et des énergies renouvelables.



