TF1 et Netflix ciblent le financement YouTube de la création
TF1 et Netflix ciblent le financement YouTube de la création

Les géants de l'audiovisuel TF1 et Netflix montent au créneau contre YouTube, qu'ils accusent de profiter du système de financement de la création française sans y contribuer équitablement. Dans une déclaration conjointe publiée ce lundi, les deux groupes demandent que la plateforme vidéo de Google soit soumise aux mêmes obligations que les autres diffuseurs, notamment en matière de chronologie des médias.

Un système de financement jugé inéquitable

Actuellement, les services de streaming comme Netflix et les chaînes de télévision comme TF1 contribuent au financement de la création audiovisuelle française via des taxes et des investissements obligatoires. YouTube, de son côté, bénéficie d'un régime dérogatoire qui lui permet d'éviter ces contributions, selon TF1 et Netflix. Selon eux, la plateforme génère pourtant des revenus publicitaires importants en France, estimés à plus de 500 millions d'euros en 2025, sans reverser une part suffisante à la production locale.

« Il est temps que YouTube assume ses responsabilités et participe au financement de la création française, comme le font déjà Netflix, Disney+ et les chaînes historiques », a déclaré un porte-parole de TF1. Netflix a ajouté : « Nous soutenons un cadre réglementaire équitable pour tous les acteurs, afin de préserver la diversité et la qualité des contenus français. »

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La chronologie des médias en question

La chronologie des médias, qui fixe les délais de diffusion des œuvres après leur sortie en salles, est au cœur du conflit. TF1 et Netflix reprochent à YouTube de ne pas respecter ces délais, diffusant parfois des films seulement quelques mois après leur exploitation en salle, ce qui fragilise le modèle économique des autres diffuseurs. En 2025, selon une étude du CNC, les plateformes non soumises à la chronologie représentaient 12 % de l'audience des films en ligne.

Les deux groupes réclament que YouTube soit intégré dans le dispositif et contribue financièrement au fonds de soutien au cinéma et à l'audiovisuel, géré par le CNC. Une telle mesure pourrait rapporter entre 50 et 100 millions d'euros par an à la filière, selon des estimations de professionnels.

Une opposition de YouTube

YouTube conteste ces accusations. Dans un communiqué, la plateforme affirme qu'elle « soutient déjà la création via des partenariats directs avec des créateurs et des producteurs » et que « les règles actuelles sont adaptées à son modèle économique ». Elle rappelle également qu'elle reverse une partie de ses revenus publicitaires aux ayants droit via la licence globale négociée avec la Sacem et d'autres sociétés de gestion collective.

« Les demandes de TF1 et Netflix visent à limiter la concurrence et à protéger leur position dominante sur le marché français », a réagi un porte-parole de YouTube. La plateforme menace de saisir les autorités de la concurrence si une réforme devait lui imposer des charges supplémentaires.

Un débat réglementaire en cours

Cette offensive intervient alors que le gouvernement français prépare une révision de la chronologie des médias, prévue pour 2027. Le ministère de la Culture a indiqué qu'il étudiait les propositions des différents acteurs, tout en rappelant que « l'objectif est de garantir un financement pérenne de la création française dans un environnement numérique en pleine mutation ». Un rapport parlementaire remis en juin 2026 recommandait déjà une contribution des plateformes non régulées, comme YouTube ou TikTok.

Les discussions s'annoncent tendues entre les partisans d'un élargissement des obligations et les défenseurs d'un cadre plus flexible pour favoriser l'innovation. Pour TF1 et Netflix, l'enjeu est clair : éviter que YouTube ne devienne un « passager clandestin » du système de financement français.

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