Antonio Filosa, qui a remplacé Carlos Tavares à la tête de Stellantis, a présenté un plan qui prend clairement acte des erreurs de son prédécesseur. Ainsi, par exemple, après plusieurs années marquées par une centralisation extrême des décisions, les différentes régions du monde retrouveront davantage de liberté pour adapter les modèles à leurs marchés respectifs. Fin aussi de la chasse aux coûts mal vécue chez les clients ; le groupe promet de remettre l’accent sur la qualité.
Quatre piliers
Au cœur du plan Stellantis, quatre marques sont considérées comme stratégiques : Jeep, Ram, Peugeot et Fiat. Ce sont elles qui inaugureront les grandes nouveautés technologiques et conceptuelles du groupe, avant que le reste de la galaxie Stellantis en profite à son tour. Parmi ces nouveautés, la plus cruciale est la nouvelle plateforme ultra-modulaire STLA One, conçue pour accueillir des modèles des segments B, C et D, ainsi que des solutions thermiques, hybrides (rechargeables ou non) et 100 % électriques. Entre aujourd’hui et 2030, le planning prévoit vingt-neuf modèles électriques, quinze plug-in, vingt-quatre « full hybrid » et trente-neuf thermiques avec ou sans micro-hybridation. Enfin, le groupe promet également des voitures davantage différenciées selon les marques, tant au niveau du design que des réglages ou de l’expérience de conduite.
Autre axe important : le retour confirmé des petites voitures populaires européennes, des modèles électriques simples, légers et abordables, dans l’esprit de la 2 CV, dixit le patron de Citroën. Objectif tarifaire : moins de 15 000 euros.
Tout le monde reste
Antonio Filosa a aussi confirmé qu’aucune de ses quatorze marques ne serait sacrifiée. Certes, DS Automobiles et Lancia passent sous les tutelles respectives de Citroën et Fiat, mais continuent à imaginer des véhicules plus premium. Un cran au-dessus, Maserati est aussi à l’abri pour le moment. La marque présentera son propre plan de relance en décembre prochain, et on sait déjà qu’il comprend deux nouveaux modèles du segment D, dont un SUV et une berline.
Enfin, le groupe poursuit et renforce ses collaborations avec les partenaires chinois Leapmotor et Dongfeng. Au-delà d’accélérer le développement de nouveaux modèles en maîtrisant les coûts, ces partenariats sont un atout pour l’emploi en Europe, puisque l’ouverture des usines à la production de modèles chinois va permettre d’augmenter le taux d’utilisation des sites européens du groupe. Qui s’en plaindra ?
Bref, en lisant entre les lignes, on comprend que Stellantis reconnaît s’être sérieusement pris les pieds dans le tapis et entend tout faire pour retrouver la confiance du public. Maintenant, on attend de voir.



