Le député du Gard Pierre Meurin (RN) relance les interrogations autour de la gouvernance de Sésame Autisme Occitanie Est (SAOE). L’association, qui accompagne des personnes autistes en Occitanie, conteste les accusations et assure avoir assaini sa situation financière et organisationnelle.
Des difficultés récurrentes et une nouvelle inspection
Les difficultés se sont succédé ces dernières années au sein de SAOE, importante structure accompagnant les personnes présentant des troubles du spectre de l’autisme dans divers établissements ou services médico-sociaux (ESMS) d’Occitanie. En 2020, l’Agence régionale de santé (ARS) y avait diligenté une inspection qui avait débouché sur la mise en place d’un administrateur judiciaire et d’un administrateur provisoire pour restaurer la gouvernance et sécuriser le fonctionnement de l’association.
En mars dernier, l’ARS a conduit une nouvelle mission d’inspection qui a identifié plusieurs fragilités. Une procédure contradictoire est actuellement en cours.
Les accusations du député Pierre Meurin
Ce lundi 22 juin à Alès, le député RN de la quatrième circonscription du Gard, Pierre Meurin, a publiquement remis le sujet sur la table. Dans un dossier diffusé à la presse, l’élu estime que plusieurs éléments justifient aujourd’hui un contrôle approfondi de la structure. Dans son viseur, notamment, des condamnations prud’homales prononcées entre 2022 et 2025, des interrogations sur la gestion, un climat social présenté comme dégradé ainsi que les conditions d’accueil au foyer d’accueil médicalisé de La Pradelle, à Saumane.
Le parlementaire fait également référence à un signalement effectué au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale et réclame davantage de transparence sur l’utilisation des fonds publics attribués à l’association. « C’est un grave scandale, ayant des similarités avec l’affaire Orpea », affirme Pierre Meurin dans ce document. Il demande notamment la protection des résidents, celle des salariés et un contrôle indépendant de la gouvernance.
Réponse de la ministre et de l’association
Ces interrogations avaient déjà été portées jusqu’à l’Assemblée nationale au printemps dernier. Le 13 mai, en réponse au député gardois, la ministre déléguée chargée de l’Autonomie et des Personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, avait confirmé l’existence de fragilités administratives et organisationnelles relevées lors de différents contrôles. Elle rappelait toutefois qu’aucune situation de maltraitance caractérisée n’avait été constatée lors des inspections menées par l’ARS.
L’association, de son côté, conteste fermement la présentation faite de sa situation actuelle. Contacté, son directeur général, Cédric Vareilhes, estime que plusieurs critiques reposent sur des faits anciens. « Les condamnations prud’homales évoquées concernent des situations antérieures. L’association n’a pas été mise sous administration provisoire pour rien », explique-t-il.
Finances et déménagement du foyer de La Pradelle
Concernant les finances, le dirigeant assure que l’association a retrouvé une trajectoire stable après plusieurs années difficiles. « Sur l’exercice 2025, nous sommes revenus à l’équilibre. Cela n’était plus arrivé depuis longtemps », affirme-t-il. Il rappelle également que les comptes sont contrôlés par l’Agence régionale de santé et les conseils départementaux concernés, mais aussi certifiés par un commissaire aux comptes.
Autre point régulièrement évoqué : la situation du foyer d’hébergement de La Pradelle à Saumane. Là encore, l’association reconnaît des limites structurelles mais assure qu’une solution est déjà engagée. Un déménagement vers l’ancien Ehpad municipal de Quissac est programmé à l’horizon 2027, avec l’accord des autorités compétentes. « Le transfert a été acté dans le cadre de notre contractualisation avec l’ARS et le conseil départemental. Nous allons vers des locaux plus adaptés », souligne Cédric Vareilhes.
Quant à l’inspection menée par l’ARS en mars 2026, le directeur général précise qu’elle concernait la partie Esat (Établissement et service d’accompagnement par le travail). Selon lui, les conclusions font apparaître des axes d’amélioration mais aucune situation nécessitant de mesures d’urgence.



