Sparta Capital, seul candidat à la reprise des Girondins, mise sur l'exemple de Côme
Sparta Capital seul candidat pour les Girondins

Franck Tuil et ses associés ont goûté au monde du football pour des fonds importants. Et citent l’exemple de Côme, où des entrepreneurs ont relancé le club en trouvant un repreneur d’envergure. Dans la perspective d’une reprise des Girondins d’ici l’été, ils sont à ce jour les seuls en lice. Suffisamment motivés et crédibles pour avoir passé la première barrière des conditions mises par l’actuel propriétaire Gérard Lopez.

Un trio de financiers expérimentés

Derrière le fonds d’investissement Sparta Capital, basé à Londres, se trouvent trois Français : Franck Tuil, le patron, Gilles Frétigné, le directeur des opérations, et Cédric Boghanim. Après des hautes études en finances, ils ont en commun de travailler à la City depuis un quart de siècle, et d’avoir occupé des postes importants dans trois gros fonds d’investissement : respectivement Elliott Management, Amber Capital, et Apollo Management. Ils se sont associés en 2021 pour créer leur propre fonds.

Ils ne sont pas des inconnus du business du football. Comme évoqué dans notre édition de dimanche, Franck Tuil a géré le dossier du prêt accordé à Gérard Lopez par Elliott lors de la reprise de Lille en 2017, puis le rachat du Milan AC par le fonds en 2018 (qui a revendu en 2022). Gilles Frétigné, lui, a joué un rôle central dans le rachat de Lens par Amber Capital, présidé par Joseph Oughourlian, toujours patron du Racing. Tous deux ont siégé au conseil d’administration des clubs respectifs.

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Un fonds modeste mais ambitieux

Hasard ou pas, Sparta a répondu à la levée de fonds de Matthieu Flamini, l’ancien international français, pour son entreprise GFBiochemicals en 2022. Si le nom de l’ex-joueur d’Arsenal et du Milan AC (au patrimoine estimé par le magazine Forbes à 10 milliards de dollars) a été prononcé dans des discussions, il ne fait pas partie du tour de table.

Dans les fichiers dédiés aux potentiels investisseurs et entreprises, Sparta, inscrit au registre du commerce britannique, se présente comme spécialisé dans le capital-développement, c’est-à-dire des investissements dans des entreprises matures (et non des start-up) en Europe. Et dit être ouvert à des secteurs aussi variés que la biotech, les services, la santé, l’éducation, le digital ou le sport.

En 2023, Sky News avait révélé un investissement de « plusieurs dizaines de millions de livres sterling » dans le célèbre fabricant de chaussures Dr Martens. Avec 560 millions d’actifs sous gestion, le fonds reste relativement modeste. Surtout au regard des investissements nécessaires à moyen terme – le plan de continuation prévoit des apports de 33 à 69 millions sur dix ans selon les scénarios – et du risque important lié à l’aléa sportif.

L’exemple de Côme comme modèle

À leurs interlocuteurs, Franck Tuil et ses associés avancent l’exemple du club de Côme en Italie. Relégué en Serie D (4e division) en 2016, il avait été récupéré en 2017 par un groupe d’entrepreneurs mené par le financier Massimo Nicastro. Ce dernier était convaincu de pouvoir s’appuyer sur l’attelage prestige de la ville et le football pour trouver un repreneur d’envergure. Chose faite en 2019, alors que le club remontait en Serie C, avec les frères Hartono, milliardaires indonésiens. Le Como 1907 a retrouvé l’élite en 2024, terminé 5e, et est le club transalpin en vogue. Une success-story transposable à Bordeaux ?

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