La star planétaire Shakira a obtenu gain de cause dans l'un de ses nombreux contentieux qui l'opposent au fisc espagnol. Le trésor public va devoir lui rembourser plus de 55 millions d'euros indûment perçus pour l'année 2011. Le tribunal de l'Audience nationale, juridiction spécialisée dans les affaires sensibles, a ordonné le 15 avril 2026 « la restitution des sommes versées, assorties des intérêts légaux » correspondant à l'exercice fiscal 2011, selon un document judiciaire consulté par l'AFP.
Une décision qui annule redressements et amendes
La justice annule ainsi les redressements et les amendes de plusieurs millions d'euros imposés par l'administration, qui considérait l'artiste comme résidente fiscale en Espagne cette année-là. Dans un communiqué transmis à l'AFP, Shakira dénonce ce qu'elle a vécu comme un « lynchage public brutal ». « Mon plus grand souhait, c'est que ce jugement crée un précédent pour le fisc et serve aux milliers d'anonymes qui, chaque jour, sont abusés et écrasés par un système où ils sont présumés coupables et qui les oblige à prouver leur innocence », a-t-elle déclaré.
Les détails du remboursement
L'interprète de « Hips Don't Lie » ou « Waka Waka » va récupérer plus de 55 millions d'euros, comprenant :
- L'impôt sur le revenu : plus de 24 millions d'euros
- L'amende pour infraction « très grave » : près de 25 millions d'euros
- L'impôt sur le patrimoine pour 2011 : 2,6 millions d'euros
- L'amende liée à cet impôt : 2,7 millions d'euros
Des intérêts légaux s'ajouteront à ces montants. La décision du 15 avril précise que « l'administration n'a pas démontré que la plaignante avait séjourné en Espagne pendant plus de 183 jours », seuil au-delà duquel une personne y est considérée comme résidente fiscale. Peu importe que les Bahamas aient été ou non un paradis fiscal en 2011.
Le contexte des démêlés fiscaux de Shakira
La chanteuse de 49 ans a eu de multiples contentieux avec le fisc espagnol, au cœur desquels la question de sa résidence fiscale. Elle avait entamé en 2011 une relation avec l'ex-joueur du FC Barcelone Gerard Piqué. De 2011 à 2015, elle n'a cessé de se déplacer à travers le monde en raison de sa carrière. Shakira a toujours affirmé s'être établie de façon pérenne à Barcelone fin 2014, avant de transférer en 2015 sa résidence fiscale des Bahamas vers l'Espagne, juste avant la naissance de son deuxième enfant. Mais le Trésor public espagnol l'accusait de ne pas avoir payé ses impôts en Espagne en 2012, 2013 et 2014, estimant qu'elle y avait vécu plus de 183 jours par an.
Des condamnations antérieures
Cette décision favorable ne remet pas en cause les procédures précédentes pour les exercices 2012, 2013, 2014 et 2018. En 2023, Shakira avait conclu un accord de dernière minute avec le parquet, admettant sa culpabilité et évitant un procès. Elle avait été condamnée à une amende de plus de 7,3 millions d'euros, correspondant à 50 % du montant de la fraude, et avait déjà versé 17,45 millions d'euros pour régulariser sa situation. Pour 2018, elle avait dû verser 6,6 millions d'euros de régularisation pour des irrégularités dans sa déclaration d'impôts.
Un feuilleton qui inspire
Cette affaire à rebondissements a même inspiré une série intitulée « Celeste ». En septembre 2026, Shakira, dont le nom est apparu dans les « Pandora Papers », se produira en concert en Espagne pour la première fois depuis 2018. Outre Shakira, de nombreuses personnalités ont eu des ennuis avec le fisc espagnol, comme les footballeurs Cristiano Ronaldo ou Lionel Messi, condamnés à des amendes de plusieurs millions d'euros.



