Le parti Renaissance, fondé par Emmanuel Macron et désormais dirigé par Gabriel Attal, a annoncé ce mercredi avoir assigné en justice le Rassemblement national (RN) et sa présidente, Marine Le Pen, pour « parasitisme » et « contrefaçon de marque ». Cette information, confirmée par l'AFP, fait suite à un signalement de RTL.
L'affiche litigieuse
L'objet du litige est la dernière affiche de campagne de Marine Le Pen, qui arbore le slogan « Pour la France, la renaissance ». Sur un fond bleu foncé, la candidate apparaît seule, souriante, les bras écartés et le regard levé vers le ciel. Au-dessus d'elle, le slogan est inscrit en grandes lettres, tandis que des drapeaux français floutés évoquent l'ambiance d'un meeting. Cette affiche a été diffusée sur les réseaux sociaux le 7 juillet 2026, accompagnée d'un appel à rejoindre la campagne présidentielle.
La réaction de Renaissance
Pour le parti Renaissance, cette utilisation du mot « renaissance » constitue un détournement de son identité politique. « Notre identité Renaissance qui désigne notre mouvement politique depuis 2019 ne peut être détournée dans le seul but de créer une confusion dans l'esprit des électeurs », a dénoncé le parti dans un communiqué. Il ajoute : « Ce détournement n'est pas anodin : il vise manifestement à exploiter la notoriété de notre mouvement en s'appropriant un élément essentiel de son identité, à savoir son nom. »
L'action en justice vise également à protéger la marque déposée « Renaissance », qui est un élément clé de la communication du parti présidentiel. Gabriel Attal, candidat à l'élection présidentielle de 2027, voit dans cette affiche une tentative de parasitage de sa propre campagne.
Le RN ironise
Interrogé par l'AFP, le Rassemblement national a répondu avec ironie. « Quand Monsieur Attal parlera de "rassemblement" au moment où il se ralliera à Édouard Philippe, promis on ne lui fera pas de procès », a déclaré le parti, faisant allusion à une possible alliance entre Attal et l'ancien Premier ministre. Une audience en référé est prévue le 27 juillet prochain au tribunal judiciaire de Paris.
Cette affaire intervient dans un contexte électoral tendu, alors que Marine Le Pen, après sa condamnation pour détournement de fonds publics, a été déclarée de nouveau éligible par la cour d'appel de Paris le 6 juillet 2026. Elle a immédiatement lancé sa campagne présidentielle, utilisant le thème de la renaissance pour évoquer son retour en politique.
Les enjeux juridiques
L'assignation pour « parasitisme » et « contrefaçon de marque » repose sur le droit des marques et la concurrence déloyale. Renaissance est une marque déposée auprès de l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) depuis 2019. Le parti estime que l'utilisation du même terme par le RN crée un risque de confusion dans l'esprit des électeurs, ce qui pourrait fausser le jeu démocratique.
De son côté, le RN argue que le mot « renaissance » est un terme générique du langage courant, qui ne peut être monopolisé par un parti. Marine Le Pen a déclaré sur Twitter : « Pour la France, la Renaissance. Rejoignez-nous et soutenez notre campagne présidentielle qui commence sur : https://t.co/bwWYcTvOSR ».
L'audience du 27 juillet permettra de déterminer si le tribunal ordonne la cessation de l'utilisation de ce slogan par le RN, sous peine d'astreinte. En attendant, la bataille judiciaire s'ajoute à la campagne électorale déjà très polarisée.



