À un an de l'élection présidentielle de 2027, les principales organisations patronales françaises, le Medef, la CPME et l'U2P, ont lancé un appel commun pour que l'économie soit placée au cœur du débat politique. Dans une tribune publiée le 22 août 2026, elles exhortent les candidats à proposer des mesures concrètes pour renforcer la compétitivité des entreprises et préserver l'emploi.
Un appel solennel des organisations patronales
Le Medef, la CPME (Confédération des petites et moyennes entreprises) et l'U2P (Union des entreprises de proximité) ont publié une tribune conjointe dans les colonnes du Monde. Ils y expriment leur inquiétude face à une campagne électorale qui, selon eux, risque de se focaliser sur des sujets autres que l'économie, alors que les défis sont immenses : transition écologique, numérique, réindustrialisation, pouvoir d'achat.
Les trois organisations représentent l'ensemble du tissu productif français, des très grandes entreprises aux artisans et commerçants de proximité. Elles rappellent que la santé économique du pays est la condition de la réussite de tous les autres projets de société. « Nous ne pouvons pas laisser l'économie être le parent pauvre de la campagne présidentielle », insistent-elles.
Des propositions concrètes pour les candidats
Dans cette tribune, les patrons ne se contentent pas d'un simple vœu pieux. Ils formulent des propositions précises, articulées autour de plusieurs priorités : la baisse des charges, la simplification administrative, la formation professionnelle et l'innovation. Ils demandent également un choc de compétitivité, avec une réduction significative de la fiscalité pesant sur les entreprises.
Selon un sondage cité dans la tribune, 78 % des dirigeants d'entreprise estiment que les questions économiques ne sont pas suffisamment traitées dans le débat public actuel. Ce chiffre illustre un sentiment de déconnexion entre les préoccupations du terrain et les discussions politiques. Les organisations patronales appellent donc les candidats à « sortir des généralités » et à « entrer dans le concret ».
Un enjeu de souveraineté et d'emploi
Au-delà des mesures immédiates, le Medef, la CPME et l'U2P insistent sur la dimension stratégique de l'économie. Ils rappellent que la France a perdu des parts de marché à l'exportation ces dernières années et que la réindustrialisation est un enjeu de souveraineté nationale. Sans une économie forte, la France ne pourra pas financer son modèle social ni peser dans les négociations européennes et internationales.
Les organisations patronales soulignent également l'urgence de la situation pour l'emploi. Avec un taux de chômage qui reste élevé dans certaines régions et des difficultés de recrutement dans d'autres, elles appellent à une refonte du système de formation et à une meilleure adéquation entre les compétences et les besoins des entreprises. « L'emploi est la première des protections sociales », écrivent-elles.
Un rendez-vous incontournable pour les candidats
Cette prise de position intervient alors que les candidats commencent à structurer leurs programmes. Les organisations patronales entendent peser dans le débat et se disent prêtes à rencontrer chaque candidat pour détailler leurs propositions. Elles espèrent ainsi que l'économie sera un thème central de la campagne, à la hauteur des enjeux.
Le Medef, la CPME et l'U2P prévoient également d'organiser des rencontres publiques avec les candidats dans les prochains mois. Ils veulent créer un espace de dialogue où les questions économiques seront débattues de manière approfondie, loin des postures politiciennes. L'objectif est clair : faire en sorte que les électeurs aient une vision claire des programmes économiques et de leurs conséquences concrètes sur leur vie quotidienne.



