Le parquet national financier (PNF) a annoncé, lundi 24 août, l'ouverture d'une enquête préliminaire visant les conditions d'emploi de Bally Bagayoko, maire La France insoumise (LFI) de Saint-Denis, à la RATP. Les chefs de poursuite retenus sont le « détournement de fonds publics, recel et concussion ».
Une enquête ouverte après des signalements
Cette enquête a été ouverte le 19 août, précise le PNF dans un communiqué. Elle fait suite à des articles de presse et à la réception de plaintes déposées par l'association AC!! Anti-corruption. Le PNF indique vouloir « procéder aux vérifications utiles concernant les conditions d'emploi » de l'élu à la régie des transports parisiens.
L'hebdomadaire satirique « Le Canard enchaîné » avait publié, le 7 août, un article intitulé « Le ticket gagnant de Bally Bagayoko ». Selon le journal, avant de devenir maire, Bally Bagayoko a « longtemps cumulé mandat local et poste de cadre à la RATP ». L'article évoque un « recrutement sans concours » ni entretien en 2000, des « horaires “élastiques” » et de « généreuses indemnités ». Ces fonctions à la RATP étaient cumulées avec celles d'adjoint au maire, puis de vice-président du conseil départemental.
La réaction de l'association AC!! Anti-corruption
Le président d'AC!! Anti-corruption, Marcel Claude, a salué cette décision auprès de l'AFP : « Nous sommes très satisfaits que le PNF ouvre une enquête suite à nos plaintes, car il y avait matière ». Il a ajouté : « La seule chose qui anime AC!! Anticorruption, c'est l'argent public, et rien d'autre », tout en affirmant que son association « a toute confiance dans les enquêteurs et la justice de notre pays ».
De son côté, Bally Bagayoko a dénoncé une « volonté de (le) discréditer politiquement ». L'enquête préliminaire devra déterminer si les conditions d'emploi de l'élu à la RATP étaient conformes au droit, notamment au regard de ses obligations de disponibilité en tant que cadre.
Des débuts de mandat sous tension
Cette enquête intervient alors que Bally Bagayoko, élu maire de Saint-Denis en 2026, connaît des débuts de mandat compliqués. Les vérifications du PNF porteront sur la période durant laquelle il cumulait ses fonctions à la RATP avec ses mandats électifs. L'issue de cette enquête préliminaire déterminera si des poursuites judiciaires seront engagées à l'encontre de l'élu.



