Ce mardi 2 juin, au Domaine de Grammont, la Métropole de Montpellier organisait le forum économique « Cap sur le Québec ». Deux entreprises locales, ESII et Simpliciti, y ont présenté leur retour d’expérience sur leur implantation outre-Atlantique. Leur point commun : avoir créé une filiale au Québec.
Deux PME, deux parcours
ESII, basée à Lavérune, est une société experte en gestion d’accueil digital, forte de 120 salariés. Simpliciti, implantée au Millénaire, développe des logiciels embarqués dans les camions de collecte de déchets et compte 220 salariés. Laurent Ventura, directeur général d’ESII, et Nicolas Felter, directeur export de Simpliciti, ont participé à ce forum organisé par la Métropole.
Une chance pour les novices
« Les Québécois aiment les Français et les Français aiment les Québécois. Les affaires sont facilitées ! », lance Laurent Ventura. Son entreprise a choisi de s’implanter au Québec dès 2015. « Ils sont très pragmatiques et axés sur les solutions. Ils ont une mentalité nord-américaine. On vous laisse une chance même si vous n’avez pas encore de référence là-bas. » Après avoir équipé la mairie de Montréal et ses 19 annexes, ESII a remporté des marchés à Québec, Gatineau et Edmonton. Simpliciti, implanté depuis 2024, a également séduit plusieurs villes.
L’adaptation, clé de la réussite
Quels écueils éviter lorsqu’on part à la conquête de l’Amérique du Nord ? « Il faut d’abord s’assurer que sa société est structurée pour l’export. On ne peut pas transposer un modèle français sans adaptation. Au Canada, les systèmes de collecte des déchets sont différents. Une seule personne gère le camion, ce sont des pinces qui relèvent les bacs. Nous avons donc fait du sur-mesure et développé des solutions innovantes », explique Nicolas Felter.
Filiale plutôt que distributeur
Ces deux entreprises ont fait le choix de créer leur propre filiale plutôt que de recourir à un distributeur. « C’est un gage de confiance pour les clients. Ils voient qu’on s’inscrit dans le long terme », note Laurent Ventura. Tout n’a pas été facile. « Pendant quatre ans, on a galéré. La filiale, c’est du long terme, on n’était pas rentable. Et puis en 2025, on a augmenté notre chiffre d’affaires de 53 %. » Nicolas Felter confirme : « On croit au marché. L’avantage de la filiale, contrairement au distributeur, c’est qu’on peut répondre à des appels d’offres en direct. »
Un écosystème favorable
Tous deux sont ravis de partager leurs connaissances pour les candidats à l’export. « Nous avons la chance d’avoir un écosystème très dense en France et dans la Métropole pour nous aider. La BPI donne de l’argent pour la prospection, Business France nous a facilité les contacts sur place, la Région Occitanie aide à travers le contrat export et la Métropole nous accompagne depuis nos débuts. » Ce forum économique est aussi l’occasion de démarcher les Canadiens présents, comme Marie-Claude Bineau, maire de Sherbrooke. « On ne pouvait pas rater une occasion pareille ! »
Un forum gagnant-gagnant
Après le Maroc, la Métropole a mis le cap sur le Québec. L’enjeu est double : permettre aux entreprises locales d’accéder aux donneurs d’ordre québécois et les aider à s’internationaliser, tout en attirant des entreprises canadiennes sur le territoire. 19 sociétés canadiennes sont présentes en Occitanie, dont CGI à Castelnau-le-Lez qui compte 500 emplois. Dans la foulée du forum, les rencontres universitaires Montpellier-Sherbrooke se déroulent du 3 au 5 juin, les deux villes étant jumelées depuis 2013.



