Charlie, pianiste de jazz de 30 ans vivant à Paris, est intermittent du spectacle depuis près de dix ans. Il gagne environ 3 100 euros par mois et se considère comme faisant partie d'une « petite minorité » de musiciens de jazz qui vivent confortablement de leur art. Il donne entre 5 et 15 concerts par mois, jouant dans plusieurs groupes et participant à des albums, concerts et tournées.
Un parcours musical atypique
Charlie a commencé le piano à l'âge de 5 ans, mais s'est détourné de la musique classique à l'adolescence. C'est sur les conseils d'une enseignante qu'il découvre le jazz, une révélation qui change sa vie. À 17 ans, il quitte l'école sans le baccalauréat et parvient à intégrer le Conservatoire de Lyon. Son parcours y est chaotique : soutenu par un professeur mais malmené par un autre, qu'il compare au chef d'orchestre tyrannique du film « Whiplash ».
Une situation économique stable, une crainte pour l'avenir
Malgré sa situation confortable, Charlie redoute la précarisation croissante des intermittents du spectacle. Il défend ce statut qu'il juge « génial » mais critique, car il permet aux artistes de se consacrer à leur art tout en bénéficiant d'une protection sociale. Il espère que les réformes à venir ne remettront pas en cause ce modèle qui, selon lui, est essentiel à la vitalité culturelle française.



