Le 10 juin, Pedro Sanchez a assisté à la messe pour la première fois en huit ans de présidence du gouvernement espagnol. Cet anticlérical militant s'est aventuré dans la Sagrada Familia à Barcelone à l'occasion de l'inauguration par le pape Léon XIV de la plus haute tour de la basilique d'Antoni Gaudi. Selon des observateurs politiques, cette démarche n'est pas motivée par une soudaine attirance pour la religion, mais par une tentative de sauver le peu de popularité qui lui reste dans un pays encore marqué par le catholicisme.
Des scandales de corruption qui érodent la confiance
Pedro Sanchez est embourbé jusqu'au cou dans des affaires de corruption. La spirale du scandale compromet son ambition de conquérir un troisième mandat lors des élections générales, qui doivent se tenir l'an prochain au plus tard. Selon un sondage récent, seulement 28% des Espagnols approuvent son action, contre 62% d'avis défavorables. Les affaires impliquent notamment des membres de son parti socialiste, accusés de financement illégal et de trafic d'influence.
Un geste symbolique pour reconquérir l'électorat catholique
En assistant à la messe, Sanchez cherche à renouer avec l'électorat catholique, qui représente environ 60% de la population espagnole. Ce geste symbolique intervient alors que le pape Léon XIV a appelé à la réconciliation nationale lors de son discours à Barcelone. "C'est un signe fort envoyé aux croyants", a déclaré un analyste politique local. "Mais cela ne suffira pas à effacer les soupçons de corruption qui pèsent sur son gouvernement."
Un avenir politique incertain
Les prochaines élections générales, prévues pour 2024, s'annoncent cruciales pour Sanchez. La coalition de gauche qu'il dirige est fragilisée par les scandales, et les sondages donnent le Parti populaire conservateur en tête des intentions de vote. "Sanchez joue son va-tout", estime un commentateur. "Sa présence à la messe est une tentative désespérée de regagner la confiance des électeurs."



